Quel gaz à effet de serre, 28 fois plus puissant que le CO₂ sur 100 ans, est principalement émis par l'élevage intensif ?
La réponse
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Le méthane, de formule chimique CH₄, est le gaz à effet de serre associé de manière particulièrement visible à l’élevage des ruminants. Sur une période de 100 ans, son pouvoir de réchauffement global est environ 28 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone, selon la valeur de référence utilisée par le GIEC. Il reste toutefois beaucoup moins longtemps dans l’atmosphère que le CO₂ : cette durée de vie plus courte n’empêche pas son effet climatique d’être important, car le méthane absorbe fortement le rayonnement infrarouge.
Une origine biologique liée aux ruminants
Dans l’élevage, le méthane provient surtout de la fermentation entérique. Dans le rumen des bovins, des ovins, des caprins et d’autres ruminants, des micro-organismes décomposent les aliments. Cette digestion produit du méthane, qui est principalement rejeté par les éructations des animaux. Les bovins représentent une source particulièrement importante en raison de leur nombre et de la quantité de nourriture qu’ils consomment. Le méthane peut aussi être produit par les déjections animales lorsqu’elles sont stockées dans des conditions pauvres en oxygène, notamment dans des fosses ou des lagunes de stockage.
Élevage intensif et émissions de méthane
L’élevage constitue l’une des principales sources humaines de méthane, mais il serait trop simplificateur d’affirmer que tout élevage intensif émet davantage de méthane dans toutes les situations. Les émissions totales dépendent notamment du nombre d’animaux, de leur alimentation, de la durée de leur élevage et du mode de gestion des effluents. La concentration d’un grand nombre d’animaux et le stockage important des déjections peuvent favoriser des émissions élevées, en particulier lorsque le fumier ou le lisier se décompose sans oxygène. En revanche, certains systèmes intensifs peuvent présenter des émissions plus faibles par kilogramme de viande ou de lait que des systèmes moins productifs. Le lien entre intensification et méthane doit donc être évalué au cas par cas, sans remettre en cause le rôle majeur des ruminants dans les émissions du secteur.
Un gaz important, mais pas la seule source
Le méthane n’est pas produit uniquement par l’élevage. L’extraction, le traitement et le transport du charbon, du pétrole et du gaz naturel peuvent provoquer des fuites de CH₄, tandis que les décharges libèrent ce gaz lors de la décomposition des déchets organiques. La riziculture inondée constitue également une source agricole notable. Enfin, les zones humides naturelles émettent du méthane lorsque la matière organique se décompose en l’absence d’oxygène. Ces sources expliquent pourquoi la réduction du méthane nécessite d’agir à la fois sur l’agriculture, l’élevage, les déchets et les combustibles fossiles.
Des moyens de réduction existent
Dans l’élevage, plusieurs mesures peuvent limiter les émissions. La composition et la qualité de l’alimentation peuvent être améliorées, et certains additifs font l’objet de recherches ou d’utilisations destinées à réduire la production de méthane dans le rumen. La gestion des déjections peut aussi être perfectionnée grâce à des installations couvertes, à la récupération du biogaz et à la méthanisation. Cette dernière transforme une partie de la matière organique en biogaz valorisable, mais elle ne supprime pas les émissions liées à la digestion des animaux et doit être correctement exploitée pour éviter les fuites. Le méthane est donc bien le gaz recherché : son lien avec l’élevage est étroit, tout en s’inscrivant dans un ensemble plus vaste de sources humaines et naturelles.
