Quel explorateur a réalisé le premier tour du monde en bateau ?
La réponse
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En 1519, une flotte de cinq navires quittait l’Espagne sous le commandement de Fernand de Magellan, un navigateur portugais au service du roi Charles Quint. Leur objectif : trouver une route occidentale vers les îles aux épices, en contournant l’Amérique du Sud. Ce voyage, qui devait durer trois ans, allait marquer l’histoire en devenant le premier tour du monde accompli par voie maritime, bien que son instigateur n’en vît jamais l’achèvement.
La préparation d’une expédition sans précédent
Fernand de Magellan, après avoir servi le Portugal dans des expéditions en Inde et en Malaisie, se tourne vers l’Espagne en 1517 pour proposer une route alternative vers les Moluques, archipel indonésien riche en clous de girofle et en noix de muscade. Convaincu que les îles aux épices se trouvent à l’ouest de l’Amérique, il persuade la couronne espagnole de financer une flotte de cinq navires : la Trinidad, le San Antonio, le Concepción, le Victoria et le Santiago. Malgré les réticences des marins et des pilotes, Magellan quitte Séville en août 1519 avec près de 270 hommes à bord. Le voyage commence sous de mauvais auspices, marqué par des mutineries, des désertions et des conditions de navigation extrêmement difficiles.
La découverte du détroit et la traversée de l’océan Pacifique
Après avoir longé les côtes du Brésil et du Río de la Plata, Magellan et ses hommes cherchent en vain un passage vers l’ouest. C’est en octobre 1520, après plus d’un an de navigation, qu’ils découvrent enfin un détroit au sud du continent américain, aujourd’hui nommé détroit de Magellan. La traversée s’avère périlleuse : un navire déserte, un autre fait naufrage, et les équipages, épuisés, doutent de plus en plus. Une fois franchie la pointe de l’Amérique, ils pénètrent dans un océan inconnu, qu’ils baptisent Pacifique en raison de la sérénité relative de ses eaux. Pourtant, cette traversée sera l’une des plus longues de l’histoire : près de quatre mois sans voir terre, avec des réserves d’eau et de nourriture réduites à presque rien.
La mort de Magellan et la fin héroïque de l’expédition
En mars 1521, l’expédition atteint les Philippines, où Magellan s’implique dans un conflit local en prenant parti pour un souverain contre son rival. Le 27 avril 1521, il est tué lors de la bataille de Mactan, aux côtés d’une partie de son équipage. Après sa mort, les deux navires restants, le Trinidad et le Victoria, continuent leur route sous le commandement de Juan Sebastián Elcano. Le Trinidad, endommagé, tente de revenir en Espagne par l’Atlantique mais échoue et fait demi-tour. Seul le Victoria, commandé par Elcano, parvient à traverser l’océan Indien, contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance et rentrer en Espagne en septembre 1522, avec seulement 18 survivants à bord. Les épices rapportées couvrent à peine les frais de l’expédition, mais son accomplissement prouve définitivement la rotondité de la Terre.
L’héritage controversé d’une aventure historique
L’expédition de Magellan, bien que souvent associée à son nom, est en réalité le fruit d’une collaboration internationale et d’un effort collectif. Les cartes établies, les connaissances accumulées sur les courants marins et les cultures rencontrées ont profondément influencé la cartographie et la navigation. Pourtant, l’histoire a longtemps minimisé le rôle d’Elcano et des autres survivants, réduisant Magellan au statut de héros solitaire. Aujourd’hui, les débats persistent sur les motivations réelles de l’expédition : quête scientifique, ambition personnelle ou simple course aux richesses ? Une chose est certaine : ce premier tour du monde a ouvert une nouvelle ère pour les explorations maritimes et redéfini la compréhension du globe.