Personnalités historiques

Quel explorateur a réalisé le premier tour du monde en 1522 ?

La réponse

Ferdinand Magellan est souvent crédité de cette prouesse, bien qu'il soit mort aux Philippines avant la fin du voyage. Son expédition, partie d'Espagne en 1519, fut finalement menée à bien par Juan Sebastián Elcano, prouvant ainsi la rotondité de la Terre.

En savoir plus

Le premier tour du monde de l'histoire moderne fut un exploit maritime qui marqua un tournant dans la compréhension des océans et des continents. Organisée sous pavillon espagnol, cette expédition audacieuse fut à la fois une aventure humaine et une démonstration scientifique sans précédent. Pourtant, derrière cette prouesse se cache une histoire complexe, faite de défis, de trahisons et d'une conclusion inattendue.

Une expédition sous haute tension

En septembre 1519, cinq navires quittent Séville sous le commandement de Ferdinand Magellan, un navigateur portugais au service de l'Espagne. L'objectif est clair : trouver une route occidentale vers les îles aux épices, en contournant l'Amérique du Sud. Le parcours s'annonce périlleux, d'autant que Magellan doit composer avec des équipages sceptiques et des officiers mutins dès les premiers mois. Après des mois de navigation le long des côtes sud-américaines, l'équipage découvre enfin en novembre 1520 le détroit qui portera plus tard son nom : le détroit de Magellan.

La mort de Magellan et la poursuite du voyage

Une fois le détroit franchi, l'expédition pénètre dans un océan inconnu, que Magellan baptise "Pacifique" en raison de sa relative tranquillité lors de la traversée. Pourtant, cette partie du voyage s'avère dévastatrice : la faim, le scorbut et les conflits avec les populations locales déciment l'équipage. En avril 1521, Magellan meurt lors d'une bataille aux Philippines, laissant le commandement à un autre officier espagnol, Duarte Barbosa, puis à João Serrão. La situation devient rapidement ingérable, et une partie des survivants, menés par l'Espagnol Gonzalo Gómez de Espinosa, tente de prendre le contrôle des navires.

Le retour sous la direction d'Elcano

C'est finalement Juan Sebastián Elcano, un marin basque expérimenté, qui prend les rênes de l'expédition en août 1521 après l'assassinat de Barbosa. Avec seulement deux navires restants – le Trinidad et le Victoria – et une poignée de marins survivants, Elcano prend une décision audacieuse : poursuivre la route vers l'ouest plutôt que de tenter de regagner l'Espagne par le même chemin. En novembre 1521, le Trinidad est capturé par les Portugais, laissant le Victoria seul pour achever le périple. Sous le commandement d'Elcano, l'équipage contourne l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance et atteint les îles du Cap-Vert en juillet 1522, où certains marins sont capturés par les Portugais.

Un exploit scientifique et une preuve tangible

Le 6 septembre 1522, le Victoria, avec seulement 18 survivants à bord, accoste à Séville, devenant ainsi le premier navire à accomplir un tour du monde. L'expédition a duré près de trois ans, coûté la vie à 237 hommes et prouvé concrètement la rotondité de la Terre. Les épices rapportées par Elcano couvrent à peine les frais engagés, mais l'impact scientifique et géographique est immense. Les cartes dressées et les récits des survivants bouleversent la perception du globe et ouvrent la voie à de nouvelles explorations. Magellan, bien que mort avant l'achèvement du voyage, reste associé à cette entreprise, tandis qu'Elcano entre dans l'histoire comme l'homme qui a mené à bien l'impossible.