Quel explorateur a réalisé le premier tour du monde ?
La réponse
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En 1519, une flotte de cinq navires quitte le port de Séville sous le commandement d’un navigateur portugais au service de l’Espagne. Cette expédition, financée par la Couronne espagnole, marque le début d’un périple sans précédent dans l’histoire des voyages maritimes. Pendant trois ans, les équipages affrontent des conditions extrêmes, des mutineries et des conflits locaux, tout en traçant une route jamais empruntée auparavant. Leur retour en Espagne en 1522 confirme une découverte majeure : la possibilité de faire le tour de la Terre par voie maritime.
Une expédition financée par l’Espagne, conduite par un navigateur portugais
Fernand de Magellan, né en 1480 au Portugal, sert d’abord dans la marine portugaise avant de se mettre au service de l’Espagne en 1517. Il propose alors à Charles Quint un projet ambitieux : trouver une route occidentale vers les îles aux épices, situées dans l’archipel indonésien. Le roi d’Espagne accepte de financer l’expédition, composée de cinq navires et de quelque 270 hommes. Ce choix stratégique vise à contourner le monopole portugais sur la route maritime vers l’Asie, contrôlée par le traité de Tordesillas de 1494. Magellan, bien que portugais, devient ainsi le représentant de l’Espagne dans cette entreprise.
Le passage vers l’océan Pacifique : une découverte géographique majeure
Après avoir traversé l’Atlantique et atteint les côtes du Brésil, l’expédition remonte vers le sud à la recherche d’un passage vers l’océan que Magellan nomme « Pacifique » en raison de son calme apparent. En novembre 1520, après des mois de navigation dans des eaux hostiles, les équipages découvrent un détroit au sud du continent américain, aujourd’hui appelé détroit de Magellan. Ce passage, long de près de 600 kilomètres, permet de relier l’Atlantique au Pacifique et devient une route maritime stratégique pour les siècles suivants.
La mort de Magellan et la poursuite du voyage
En avril 1521, alors que l’expédition atteint les îles Philippines, Magellan s’implique dans un conflit local aux côtés d’un souverain local. Il trouve la mort lors de la bataille de Mactan, opposant une poignée d’Espagnols à des centaines de guerriers indigènes. Sa disparition ne met pas fin à l’expédition : sous le commandement de Juan Sebastián Elcano, les équipages restants décident de poursuivre leur route vers l’ouest. Ils traversent l’océan Indien, contournent l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance et atteignent enfin l’Espagne en septembre 1522, avec un seul navire et une poignée de survivants.
Les conséquences scientifiques et historiques du premier tour du monde
Le retour de l’expédition en Espagne apporte la preuve définitive de la rotondité de la Terre, un débat qui animait les savants depuis l’Antiquité. Les récits des survivants, notamment ceux de l’italien Antonio Pigafetta, offrent une description détaillée des peuples, des cultures et des écosystèmes rencontrés. Ce voyage ouvre également la voie à une nouvelle ère de l’exploration maritime, en démontrant la faisabilité des expéditions autour du globe. Enfin, il marque le début de la domination espagnole dans le commerce des épices, bien que le coût humain de l’expédition ait été immense.