Quel événement, survenu en 1940, a marqué la défaite de la France face à l'Allemagne nazie et conduit à la signature de l'armistice ?
La réponse
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La défaite française de 1940 ne correspond pas à un unique affrontement, mais à une campagne militaire rapide appelée bataille de France. Lancée le 10 mai 1940 par l’Allemagne contre la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, elle bouleverse en quelques semaines les plans défensifs français. La percée allemande, l’encerclement des armées alliées et la prise de Paris conduisent le gouvernement français à demander l’armistice, signé avec l’Allemagne le 22 juin 1940.
La percée allemande à Sedan
L’offensive allemande commence le 10 mai par l’invasion de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg. Alors que le commandement français s’attend principalement à une attaque dans le prolongement de la ligne Maginot, les forces allemandes concentrent une partie décisive de leur effort à travers les Ardennes. Le 13 mai, elles franchissent la Meuse près de Sedan, où les défenses françaises sont rapidement débordées. L’emploi coordonné des unités blindées, de l’aviation et des troupes motorisées permet à la Wehrmacht de progresser vers l’ouest et d’atteindre la Manche. Cette manœuvre coupe les communications entre les forces alliées engagées en Belgique et le reste de l’armée française.
Dunkerque et la prise de Paris
L’avance allemande piège une importante partie des troupes britanniques, françaises et belges dans le nord de la France. L’opération Dynamo, menée du 26 mai au 4 juin, évacue plus de 330 000 soldats depuis Dunkerque vers la Grande-Bretagne. Ce sauvetage évite la capture d’une grande partie du corps expéditionnaire britannique et de militaires français, mais les Alliés doivent abandonner une quantité considérable de matériel lourd. Après cette évacuation, les forces allemandes lancent leur offensive vers le sud. Paris est déclarée ville ouverte et occupée le 14 juin, sans combats dans la capitale. Le gouvernement français s’est replié, d’abord vers la Loire puis vers Bordeaux, tandis que l’armée tente de ralentir l’avancée allemande.
La demande d’armistice
La défaite militaire provoque une crise politique majeure. Le président du Conseil Paul Reynaud démissionne le 16 juin 1940 et le maréchal Philippe Pétain lui succède le même jour. Le 17 juin, Pétain annonce à la radio qu’il demande à l’Allemagne les conditions d’un armistice. Cette décision oppose les partisans de la poursuite de la guerre, notamment depuis l’Afrique du Nord ou aux côtés du Royaume-Uni, à ceux qui veulent mettre fin aux combats sur le territoire métropolitain. Les négociations aboutissent à la signature de la convention d’armistice franco-allemande le 22 juin 1940, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, dans le wagon où l’armistice de 1918 avait été signé. L’accord entre en vigueur le 25 juin.
Les conséquences de l’armistice
L’armistice n’est pas une capitulation sans conditions, mais il impose à la France des dispositions très lourdes. La partie nord et occidentale du territoire métropolitain est placée sous occupation allemande, tandis qu’une zone située au sud demeure d’abord sous l’autorité du gouvernement français installé à Vichy. L’armée française est fortement réduite et les prisonniers de guerre français restent en captivité en Allemagne. Le texte place également la France dans une situation de dépendance à l’égard du Reich. Il ne met cependant pas fin à toute opposition française : le général de Gaulle appelle depuis Londres, le 18 juin, à poursuivre le combat, donnant naissance à la France libre. Enfin, l’armistice ne supprime pas immédiatement la Troisième République : celle-ci prend juridiquement fin le 10 juillet 1940, lorsque les parlementaires réunis à Vichy accordent les pleins pouvoirs constituants à Pétain, qui instaure ensuite l’État français.
