Antiquité

Quel événement marque traditionnellement le début de l'histoire romaine ?

La réponse

L'événement qui marque traditionnellement le début de l'histoire romaine est la fondation de Rome en 753 av. J.-C., selon la tradition mythologique rapportée par les historiens romains comme Tite-Live. Cette date est considérée comme le point de départ de la monarchie romaine, suivie par la République en 509 av. J.-C. après l'expulsion des rois étrusques.

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La fondation de Rome en 753 av. J.-C. constitue le mythe fondateur par excellence de la civilisation romaine, bien plus qu’un simple repère chronologique. Ce récit, transmis par des auteurs antiques comme Tite-Live ou Plutarque, mêle légende et histoire pour expliquer l’émergence d’une cité destinée à dominer le monde méditerranéen. Selon la tradition, Rome naît sous l’égide des jumeaux Romulus et Rémus, élevés par une louve, avant que l’un d’eux n’en devienne le premier roi. Cette date symbolique, ancrée dans la mémoire collective, marque moins le début d’une réalité historique vérifiable que l’acte fondateur d’une identité collective romaine.

Un récit mythologique aux fondements incertains

Le mythe de Romulus et Rémus, bien que populaire, ne repose sur aucune preuve archéologique ou documentaire contemporaine. Les fouilles menées sur le Palatin, l’une des sept collines de Rome, révèlent des traces d’occupation humaine dès le VIIIe siècle av. J.-C., confirmant l’existence d’un établissement proto-urbain à cette époque. Cependant, rien ne prouve que ces habitants aient été les ancêtres directs des Romains historiques. Les récits de Tite-Live ou de Denys d’Halicarnasse, rédigés plusieurs siècles plus tard, s’inspirent probablement de traditions orales et de récits locaux, transformant des faits en légendes pour légitimer le pouvoir romain.

La monarchie romaine : entre histoire et reconstruction

La monarchie romaine, traditionnellement située entre 753 et 509 av. J.-C., reste une période mal connue. Les sept rois attribués à cette époque – de Romulus à Tarquin le Superbe – relèvent davantage de la tradition que de l’histoire vérifiable. Seul Tarquin, dernier roi étrusque, est partiellement attesté par des sources archéologiques, comme des inscriptions en Étrurie. Les autres souverains, tels Numa Pompilius ou Servius Tullius, semblent être des figures composites, reflétant peut-être des réalités politiques et religieuses de l’Italie centrale. Cette période, plus proche du mythe que de l’histoire, a été reconstruite a posteriori pour donner une généalogie glorieuse à Rome.

L’archéologie face à la tradition : des preuves tangibles ?

Les découvertes archéologiques des dernières décennies ont nuancé le récit traditionnel. Les vestiges du Forum romain et des habitations du Palatin montrent une urbanisation progressive, plutôt qu’une fondation soudaine en 753 av. J.-C. Les objets importés, comme les céramiques grecques, indiquent des échanges culturels et commerciaux dès le VIIIe siècle, suggérant une Rome déjà intégrée dans un réseau méditerranéen. Cependant, aucune trace ne confirme l’existence d’un royaume unifié sous Romulus ou ses successeurs. Les preuves matérielles révèlent plutôt une cité en formation, où se mêlent influences latines, sabines et étrusques.

Une date symbolique plutôt qu’historique

Si la date de 753 av. J.-C. est aujourd’hui considérée comme symbolique plutôt que factuelle, elle conserve une valeur majeure dans l’historiographie romaine. Elle marque le début d’un calendrier utilisé par les Romains eux-mêmes pour dater leurs événements, comme le soulignent les fastes capitolins. Ce comput, bien que mythifié, a permis aux Romains de se construire une mémoire collective et de légitimer leur domination. La fondation de Rome, ainsi, n’est pas un fait, mais une construction idéologique, essentielle pour comprendre la psyché romaine.