Histoire de France

Quel événement historique, survenu en 1789, marque le début de la Révolution française avec la prise d'une prison symbolique ?

La réponse

La prise de la Bastille le 14 juillet 1789.

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Le 14 juillet 1789, à Paris, la prise de la Bastille devient le premier grand soulèvement populaire de la Révolution française. La forteresse, héritée de la monarchie médiévale, n’abrite alors que quelques détenus, mais elle représente dans l’opinion l’arbitraire du pouvoir royal. Sa chute ne constitue pas le commencement chronologique de la crise révolutionnaire, déjà engagée avec la convocation des États généraux et la formation de l’Assemblée nationale, mais elle en devient le symbole spectaculaire et durable.

Une forteresse devenue prison d’État

La Bastille est construite entre 1370 et 1383, sous le règne de Charles V, pour défendre l’est de Paris pendant la guerre de Cent Ans. Avec le temps, sa fonction militaire évolue et la forteresse sert notamment de prison d’État. Certains détenus peuvent y être enfermés par lettres de cachet, des ordres royaux qui permettent une détention sans procès public. Cette pratique contribue à associer la Bastille à l’autorité absolue et à l’arbitraire monarchique. Pourtant, en juillet 1789, la réalité de l’établissement est différente de son image : la prison ne compte plus que sept détenus, tandis que sa garnison est limitée. Ce sont donc moins ses prisonniers que sa valeur politique et symbolique qui en font une cible majeure pour les insurgés parisiens.

Une capitale en pleine crise

La prise de la Bastille survient dans un contexte de profonde crise politique, financière et sociale. La monarchie est confrontée à d’importantes difficultés budgétaires, tandis que les mauvaises récoltes de 1788 ont contribué à la hausse du prix du pain. Les États généraux s’ouvrent à Versailles le 5 mai 1789, mais le conflit sur la représentation et le vote oppose rapidement le tiers état à la monarchie et aux ordres privilégiés. Le tiers état se proclame Assemblée nationale le 17 juin, puis les députés prêtent le serment du Jeu de Paume le 20 juin, jurant de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France. À Paris, la tension s’aggrave encore après le renvoi de Necker, annoncé le 11 juillet. La population craint une intervention militaire contre les députés et les mouvements populaires, et cherche à se procurer des armes et de la poudre.

L’assaut du 14 juillet

Le 14 juillet, des Parisiens se rendent d’abord aux Invalides, où ils saisissent des armes, puis marchent vers la Bastille, qui conserve de la poudre et des munitions. La foule demande notamment la remise de ces réserves et l’ouverture de la forteresse. Des Gardes françaises se joignent aux insurgés, renforçant leur capacité d’action. Après plusieurs heures de négociations infructueuses et d’échanges de tirs, le gouverneur Bernard-René de Launay capitule dans l’après-midi. La garnison est vaincue et les sept prisonniers sont libérés. Les combats ont causé de nombreuses victimes, surtout parmi les assaillants. Launay est ensuite tué alors qu’il est conduit vers l’Hôtel de Ville. La prise de la Bastille montre ainsi que l’autorité royale peut être directement défiée dans la capitale et accélère l’effondrement de son autorité politique.

Une mémoire nationale

La destruction de la Bastille commence peu après sa prise et transforme l’événement en emblème de la liberté conquise contre l’arbitraire. Sa portée tient moins à l’importance militaire de la forteresse qu’à la signification de sa chute : pour les contemporains, un symbole du pouvoir monarchique vient de tomber aux mains du peuple de Paris. Le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération célèbre à la fois le souvenir de la prise de la Bastille et l’unité nationale recherchée au début de la Révolution. Sous la Troisième République, la loi du 6 juillet 1880 fait du 14 juillet la fête nationale française. La date renvoie ainsi à la fois à l’insurrection de 1789 et à la volonté de construire une mémoire civique autour de la Révolution.

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