Quel événement, en 1792, conduisit à l'abolition de la monarchie et à la proclamation de la République en France ?
La réponse
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Le 10 août 1792 constitue l’un des principaux tournants de la Révolution française. À Paris, une insurrection menée par les sans-culottes et appuyée par les sections révolutionnaires de la capitale s’attaque au palais des Tuileries, où réside la famille royale. Sous la pression des insurgés, Louis XVI et ses proches doivent quitter le palais et se réfugier auprès de l’Assemblée législative. L’événement entraîne la suspension des pouvoirs du roi et ouvre la voie à l’élection d’une nouvelle assemblée, la Convention nationale. La monarchie n’est toutefois abolie juridiquement que le 21 septembre 1792, lorsque la Convention proclame la République.
Une insurrection préparée par les tensions de l’été
Depuis l’adoption de la Constitution de 1791, la France vit sous une monarchie constitutionnelle qui limite les pouvoirs de Louis XVI. La confiance entre le roi et une partie des révolutionnaires s’est fortement dégradée, notamment après la fuite à Varennes en juin 1791 et dans le contexte de la guerre déclarée à l’Autriche en avril 1792. À Paris, les sans-culottes, issus principalement des milieux populaires urbains, réclament une action plus ferme contre les ennemis de la Révolution et contre ce qu’ils considèrent comme les complicités de la cour. Le 20 juin 1792, une première manifestation avait déjà envahi le palais des Tuileries. Le 10 août, la mobilisation prend une tout autre ampleur : les sections parisiennes et des fédérés venus de plusieurs départements convergent vers la résidence royale.
La prise des Tuileries
Au matin du 10 août, la famille royale quitte les Tuileries et se rend dans l’enceinte de l’Assemblée législative, où elle cherche refuge sous la protection des députés. Le palais reste défendu par la garde suisse et d’autres défenseurs de la monarchie. Des combats opposent alors les insurgés aux défenseurs des Tuileries, avant que les révolutionnaires ne prennent le contrôle du palais. Le départ du roi, puis la chute de sa résidence, montrent que l’autorité monarchique ne dispose plus des moyens politiques et militaires nécessaires pour s’imposer dans la capitale. L’insurrection n’est donc pas seulement une manifestation populaire : elle provoque la rupture concrète entre la monarchie constitutionnelle et le mouvement révolutionnaire parisien.
La suspension de Louis XVI
Sous la pression des insurgés, l’Assemblée législative suspend les pouvoirs de Louis XVI dans les jours qui suivent et met en place un exécutif provisoire. Le roi n’est pas encore officiellement déchu par une loi abolissant la monarchie, mais il cesse d’exercer ses fonctions. La famille royale est placée sous surveillance, puis transférée à la prison du Temple. L’Assemblée décide également de convoquer une Convention nationale, qui doit être élue au suffrage universel masculin afin de donner une nouvelle légitimité aux institutions. La Constitution de 1791 ne peut dès lors plus fonctionner : son équilibre reposait sur la présence d’un roi constitutionnel, désormais suspendu et détenu.
De la chute de la monarchie à la République
La Convention nationale se réunit pour la première fois le 20 septembre 1792. Le lendemain, 21 septembre, elle adopte son premier grand décret : « La royauté est abolie en France. » Cette décision transforme en abolition légale le bouleversement provoqué par l’insurrection du 10 août. La France entre alors dans le régime républicain, dont le 22 septembre devient le premier jour de l’an I dans les actes officiels. Louis XVI, désormais désigné sous le nom de Louis Capet, est ensuite jugé par la Convention et exécuté le 21 janvier 1793. Le 10 août est ainsi l’événement qui force la suspension de la monarchie et rend possible son remplacement rapide par la République.
