Quel État américain est surnommé Le Dernier État frontière et pourquoi ?
La réponse
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L’Alaska est l’État américain surnommé « Le Dernier État frontière », ou The Last Frontier en anglais. Cette appellation renvoie à la fois à son intégration tardive aux États-Unis et à sa situation géographique exceptionnelle : il se trouve à l’extrémité nord-ouest de l’Amérique du Nord, séparé des quarante-huit États contigus par le Canada et bordé par les océans Arctique et Pacifique. Ses vastes espaces peu peuplés ont longtemps nourri l’image d’une région éloignée, difficile d’accès et encore ouverte à l’exploration et à la colonisation.
Une intégration américaine tardive
Les États-Unis ont acheté l’Alaska à la Russie en 1867, pour 7,2 millions de dollars. L’opération, négociée par le secrétaire d’État William H. Seward, fut d’abord raillée par certains de ses détracteurs, qui parlèrent notamment de la « folie de Seward ». Toutefois, l’acquisition ne transforma pas immédiatement l’Alaska en un État américain pleinement intégré. La région resta longtemps administrée comme un territoire éloigné et faiblement peuplé par des colons venus des États-Unis. Elle devint un territoire organisé en 1912, puis le 49e État de l’Union le 3 janvier 1959. Hawaï devint le 50e État plus tard la même année : l’Alaska n’est donc pas le dernier État à avoir rejoint l’Union, mais il est bien celui auquel s’applique le surnom de « Dernière Frontière ».
La ruée vers l’or et l’image de la frontière
L’exploitation de l’or a contribué à faire connaître l’Alaska et les régions voisines auprès du public américain. La ruée vers l’or du Klondike, déclenchée par une découverte effectuée en 1896 dans le Yukon canadien, attira à partir de 1897 des milliers de prospecteurs. Beaucoup empruntèrent des itinéraires passant par les ports et les cols du sud-est de l’Alaska avant de gagner le Canada. D’autres ruées, notamment vers Nome et Fairbanks, se déroulèrent directement en Alaska. Ces migrations furent brèves ou localisées, mais elles renforcèrent la représentation d’un territoire où l’aventure, la recherche de ressources et les difficultés naturelles semblaient repousser les limites de l’implantation américaine. Le surnom s’inscrit ainsi dans la tradition historique de la Frontière, c’est-à-dire dans l’expansion progressive des États-Unis vers des régions considérées, du point de vue des colons, comme encore à intégrer.
Une frontière qui n’était pas une terre vide
L’expression ne doit toutefois pas faire oublier que l’Alaska était habité depuis des millénaires. De nombreux peuples autochtones y ont développé des sociétés, des langues et des cultures adaptées à des milieux très variés. Ils comprennent notamment les Iñupiat, les Yupik, les Unangan, les Alutiiq, les Tlingit, les Haida, les Tsimshian et les différents peuples athabascans. La colonisation russe puis l’administration américaine ont profondément bouleversé ces communautés et leurs territoires. En 1971, l’Alaska Native Claims Settlement Act a établi un règlement majeur des revendications foncières autochtones, en prévoyant notamment des transferts de terres et des compensations organisés par l’intermédiaire de sociétés autochtones. Le terme de « Dernière Frontière » décrit donc surtout la perception américaine de l’intégration tardive et de l’éloignement de l’Alaska ; il ne signifie pas que cette région était inhabitée ou dépourvue d’histoire avant l’arrivée des puissances coloniales.
