Histoire des États-Unis

Quel État a été le premier à abolir l'esclavage en 1777 ?

La réponse

Le Vermont a été le premier État à abolir l'esclavage en 1777, bien avant la guerre de Sécession. Cette décision reflétait les idéaux révolutionnaires de liberté et d'égalité, même si l'esclavage a persisté dans d'autres régions des États-Unis pendant encore près d'un siècle.

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En 1777, le Vermont devient le premier État américain à abolir l’esclavage, bien avant la guerre de Sécession. Cette décision est inscrite dans sa première constitution, adoptée alors que le Vermont n’est pas encore membre des États-Unis. Elle s’inscrit dans le contexte révolutionnaire de la fin du XVIIIe siècle, marqué par la diffusion d’idées sur la liberté et les droits naturels, même si l’égalité réelle est encore loin d’être établie.

Une disposition constitutionnelle pionnière

Adoptée le 8 juillet 1777 à Windsor, la Constitution du Vermont affirme que tous les hommes naissent « également libres et indépendants ». Elle prévoit également qu’aucun homme né dans le pays ou venu de l’étranger ne peut être légalement contraint de servir comme esclave après l’âge de vingt et un ans, ni aucune femme après l’âge de dix-huit ans, sauf dans certains cas prévus par la loi ou avec son propre consentement. Cette disposition constitue la première abolition constitutionnelle de l’esclavage dans ce qui allait devenir les États-Unis. Elle ne supprime cependant pas toutes les formes de travail contraint et ne fait pas disparaître instantanément les préjugés raciaux ni les inégalités sociales.

Le statut particulier du Vermont

En 1777, le Vermont n’est pas encore un État de l’Union. La région est alors disputée par New York et le New Hampshire, et ses habitants ont proclamé une entité politique indépendante. Le Vermont fonctionne donc comme une république distincte jusqu’à son admission dans les États-Unis en 1791. C’est dans ce cadre politique particulier que sa constitution est rédigée et adoptée. Parler du « premier État » est donc une désignation rétrospective, mais le Vermont est bien reconnu comme le premier futur État américain à inscrire l’abolition de l’esclavage dans sa constitution.

Une décision liée à l’idéal révolutionnaire

La mesure adoptée au Vermont reflète le contraste entre les principes proclamés pendant la Révolution américaine et la persistance de l’esclavage dans plusieurs régions. Les notions de liberté naturelle et de droits inhérents circulent largement dans les débats politiques de l’époque. Leur application reste toutefois partielle et profondément inégale. Au Vermont comme ailleurs, l’abolition juridique ne signifie pas la fin du racisme, des discriminations ou de toutes les formes de dépendance économique. Elle marque néanmoins une rupture importante avec le principe selon lequel des personnes peuvent être légalement possédées.

Une abolition précoce, mais un combat national inachevé

Après le Vermont, plusieurs États du Nord adoptent à leur tour des mesures d’abolition ou d’émancipation graduelle, notamment la Pennsylvanie en 1780. Ces textes ne mettent pas immédiatement fin à l’esclavage dans tous les territoires concernés, car ils prévoient souvent une disparition progressive de l’institution. Dans les États du Sud, en revanche, l’esclavage demeure solidement établi et devient l’un des principaux enjeux politiques du XIXe siècle. Il ne prend fin à l’échelle nationale qu’en 1865, avec l’adoption du treizième amendement de la Constitution des États-Unis, près de neuf décennies après la décision pionnière du Vermont.

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