Quel était le rôle de la CIA pendant la guerre froide ?
La réponse
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Pendant la guerre froide, la Central Intelligence Agency (CIA) a été l’un des principaux instruments clandestins de la politique étrangère des États-Unis. Créée en 1947, elle avait pour mission de recueillir et d’analyser des renseignements sur l’Union soviétique et ses alliés, mais aussi de conduire, sur décision du pouvoir exécutif américain, des opérations secrètes. Son action s’inscrivait dans une confrontation mondiale où Washington cherchait à contenir l’influence communiste sans provoquer un affrontement militaire direct avec Moscou.
Collecter et analyser le renseignement
La CIA fournissait aux responsables américains des informations sur les capacités militaires, les intentions politiques et les activités diplomatiques de l’URSS et des régimes qui lui étaient associés. Elle s’appuyait notamment sur des agents, des sources humaines, des moyens techniques et le travail d’analyse ; elle ne contrôlait toutefois pas à elle seule l’ensemble du renseignement électronique américain, qui relevait notamment d’autres organismes comme la National Security Agency. Pendant la crise des missiles de Cuba, en 1962, des photographies aériennes obtenues par un avion U-2 exploité par la CIA ont révélé la présence de missiles soviétiques sur l’île. Ces informations ont joué un rôle important dans l’évaluation de la menace et dans la préparation de la réponse américaine, même si les décisions finales relevaient du président et de son administration.
Mener des opérations clandestines
La CIA ne se limitait pas à observer : elle a également financé des groupes politiques, diffusé de la propagande, fourni un appui logistique et soutenu des forces opposées aux gouvernements considérés comme hostiles aux intérêts américains. En Iran, l’opération menée en 1953 avec les services britanniques a contribué au renversement du Premier ministre Mohammad Mossadegh, dans un contexte marqué par la nationalisation du pétrole, les tensions avec le Royaume-Uni et la crainte occidentale d’un renforcement de l’influence communiste. Au Guatemala, la CIA a soutenu en 1954 l’opération qui a renversé le président Jacobo Árbenz. En Amérique latine, elle a aussi mené des actions clandestines au Chili avant le coup d’État de 1973, notamment en soutenant certains opposants à Salvador Allende. Il est cependant plus exact de parler d’un appui secret et d’une action visant à déstabiliser le gouvernement que d’attribuer à la CIA, seule, l’organisation directe du coup d’État.
Intervenir dans les conflits indirects
La CIA a participé à plusieurs conflits par procuration, dans lesquels les États-Unis et l’URSS soutenaient des camps rivaux sans s’affronter directement. Au Vietnam, elle a recueilli du renseignement et apporté un soutien à des forces sud-vietnamiennes ou alliées de Washington dans la lutte contre le Vietcong et le Nord-Vietnam, même si l’engagement américain dépendait principalement des forces armées et des décisions politiques des présidents successifs. Au Laos, elle a également appuyé secrètement des forces locales opposées aux communistes. Après l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979, la CIA a fourni des armes et des financements à des groupes moudjahidines, généralement par l’intermédiaire des services pakistanais. Cette aide a contribué à accroître le coût de l’intervention soviétique, sans que cela signifie que la CIA contrôlait l’ensemble de la résistance afghane.
Une action controversée
Le rôle de la CIA a suscité de fortes critiques, en raison du secret entourant ses opérations, de son soutien à des régimes autoritaires et des conséquences humaines de certaines interventions. Le programme MK-Ultra, révélé au public dans les années 1970, regroupait des expériences clandestines sur le contrôle du comportement et l’usage de substances, parfois menées sans consentement. Les révélations concernant les opérations politiques et les abus de plusieurs agences américaines ont également entraîné des enquêtes du Congrès. La CIA a donc été à la fois un service essentiel de collecte et d’analyse du renseignement et un instrument d’action clandestine : son rôle pendant la guerre froide ne se résume ni à l’espionnage ni à une direction autonome de la politique américaine, car ses opérations dépendaient du cadre fixé par les autorités de Washington.
