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Quel était le premier livre imprimé au monde et où ?

La réponse

Le premier livre imprimé au monde est le Sutra du Diamant, un texte bouddhiste chinois datant de l'an 868. Il a été imprimé à l'aide de blocs de bois gravés, une technique appelée xylographie, et découvert dans une grotte de Dunhuang en Chine. Ce document est bien plus ancien que la Bible de Gutenberg, souvent considérée à tort comme le premier livre imprimé.

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Le Sutra du Diamant est le plus ancien livre imprimé au monde dont un exemplaire complet, conservé et précisément daté soit connu. Ce texte bouddhiste chinois a été imprimé en 868, bien avant la Bible de Gutenberg. Il ne s’agit toutefois pas d’un livre produit avec des caractères mobiles ou une presse métallique : ses pages ont été reproduites grâce à la xylographie, une technique fondée sur des blocs de bois gravés. Le document a été découvert en 1900 dans une grotte des grottes de Mogao, près de Dunhuang, dans le nord-ouest de la Chine.

Une date inscrite dans le document

La date de 868 ne repose pas seulement sur une estimation historique. Elle figure dans le colophon, c’est-à-dire la note placée à la fin du texte, qui précise les circonstances de la fabrication de l’exemplaire. Le Sutra du Diamant se présente sous la forme d’un long rouleau de papier, et non d’un volume relié comme les livres modernes. Cette présentation était courante dans la Chine médiévale. L’exemplaire conservé montre donc qu’au IXe siècle, des ateliers chinois savaient déjà reproduire intégralement un texte et le diffuser sous une forme relativement standardisée.

Le principe de la xylographie

Pour imprimer le Sutra du Diamant, les artisans gravaient à l’envers chaque page ou chaque section du texte sur une planche de bois. Ils appliquaient ensuite l’encre sur les parties en relief avant de presser une feuille de papier contre la surface gravée. Le procédé permettait d’obtenir plusieurs exemplaires à partir d’un même bloc, à condition de préparer soigneusement la gravure initiale. Il pouvait également servir à reproduire des images : le rouleau du Sutra du Diamant commence ainsi par une représentation du Bouddha entouré de ses disciples. Cette méthode, appelée xylographie, se distingue de l’imprimerie à caractères mobiles, dans laquelle les signes sont assemblés séparément pour composer chaque page.

La découverte à Dunhuang

Le rouleau a été retrouvé dans une grotte des Mogao, un ensemble de sanctuaires bouddhistes creusés près de Dunhuang. Cette ville occupait une position importante sur les itinéraires de la route de la Soie et constituait un lieu de circulation pour les marchands, les voyageurs et les religieux. La grotte où le document était conservé contenait de nombreux manuscrits et documents anciens. Le climat sec de la région a contribué à préserver le papier et l’encre. Il faut distinguer le lieu de conservation du lieu d’impression : le Sutra du Diamant a été imprimé en 868, puis conservé pendant des siècles avant d’être découvert à Dunhuang.

Un texte majeur du bouddhisme mahayana

Le Sutra du Diamant est un texte religieux appartenant au bouddhisme mahayana. Il prend la forme d’un enseignement attribué au Bouddha et traite notamment de la sagesse, du détachement et de la vacuité, une notion importante de la pensée bouddhiste. Son impression ne constitue donc pas seulement une prouesse technique : elle concerne aussi la transmission d’un texte de référence dans une société où les écrits religieux occupaient une place essentielle. Le document permet d’observer à la fois le contenu d’une œuvre bouddhiste et les moyens matériels employés pour en assurer la reproduction.

Une antériorité sur Gutenberg

En Europe, Johannes Gutenberg est associé au développement de l’imprimerie à caractères mobiles au XVe siècle, et sa Bible est souvent présentée comme le premier livre imprimé. Cette affirmation est valable seulement dans un cadre européen et pour une technique particulière. Le Sutra du Diamant lui est antérieur de plusieurs siècles et repose sur une autre méthode, la gravure sur bois. Il est aujourd’hui conservé à la British Library, à Londres. Sa datation et son état de conservation en font un témoignage essentiel de l’histoire de l’impression en Chine et de la circulation ancienne des textes bouddhistes.

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