Quel était le premier livre imprimé au monde ?
La réponse
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Le Sūtra du Diamant est généralement considéré comme le premier livre imprimé au monde. Réalisé en Chine en 868, sous la dynastie des Tang, ce texte bouddhiste a été produit par xylographie, une technique qui consiste à graver une page sur une planche de bois avant de l’imprimer sur du papier. Sa découverte, en 1900, dans les grottes de Mogao, près de Dunhuang, a apporté un témoignage exceptionnel sur l’ancienneté de l’imprimerie en Asie orientale, plusieurs siècles avant l’essor de l’imprimerie européenne.
Un livre imprimé sur un rouleau
Le Sūtra du Diamant, dont le titre sanskrit est Vajracchedikā Prajñāpāramitā, est un texte majeur du bouddhisme mahayana. Il prend la forme d’un dialogue entre le Bouddha et son disciple Subhūti et traite notamment de la vacuité et du détachement à l’égard des apparences. L’exemplaire de 868 est un long rouleau de papier comprenant le texte du sutra ainsi qu’une image placée en tête du document. Une inscription précise sa date de réalisation, ce qui permet de l’identifier avec une grande certitude comme le plus ancien livre imprimé complet et daté conservé à ce jour.
La xylographie, une technique chinoise
La fabrication du sutra repose sur la xylographie. Le texte était d’abord gravé à l’envers sur une planche de bois, en reproduisant les caractères en relief. La planche, enduite d’encre, pouvait ensuite être pressée contre une feuille de papier pour en produire une copie. Cette méthode se distinguait de l’imprimerie à caractères mobiles développée plus tard en Europe : pour la xylographie, chaque page ou chaque passage devait être gravé sur un bloc spécifique. Une fois le bloc réalisé, il devenait toutefois possible de tirer plusieurs exemplaires identiques, ce qui facilitait la diffusion des textes religieux et administratifs.
Les grottes de Mogao et la découverte du rouleau
Les grottes de Mogao se trouvent à proximité de Dunhuang, dans l’actuelle province du Gansu, sur un ancien itinéraire de la Route de la Soie. Elles ont conservé une vaste collection de manuscrits, de documents imprimés et d’œuvres religieuses provenant de plusieurs traditions culturelles. En 1900, une cache murée, aujourd’hui connue sous le nom de grotte 17 ou « grotte de la Bibliothèque », y fut découverte. Le Sūtra du Diamant faisait partie des documents qui s’y trouvaient. En 1907, l’explorateur britannique Aurel Stein obtint le rouleau et le transporta au Royaume-Uni. Il est aujourd’hui conservé à la British Library, à Londres.
Une place particulière dans l’histoire de l’imprimerie
Des textes ou des fragments imprimés plus anciens ont été identifiés en Asie, mais ils ne présentent pas nécessairement les mêmes caractéristiques qu’un livre complet et précisément daté. C’est cette combinaison qui donne au Sūtra du Diamant sa place particulière dans l’histoire du livre. Il montre que, dès le IXe siècle, la Chine disposait d’un procédé capable de reproduire des textes de manière relativement régulière. En Europe, l’imprimerie à caractères mobiles associée à Johannes Gutenberg ne se développa qu’au XVe siècle. Le rouleau de 868 rappelle ainsi que l’histoire de l’imprimé ne commence pas en Europe, mais qu’elle possède des racines beaucoup plus anciennes en Chine.
