Seconde Guerre mondiale

Quel était le nom du régime collaborationniste français pendant l'Occupation allemande ?

La réponse

Le régime collaborationniste français était appelé le régime de Vichy, du nom de la ville où siégeait son gouvernement. Dirigé par le maréchal Pétain, il collabora avec l'Allemagne nazie de 1940 à 1944, tout en prétendant maintenir une souveraineté française. Ce régime est aujourd'hui associé à la répression et à la déportation des Juifs en France.

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Le régime collaborationniste français instauré après la défaite de 1940 est généralement appelé le régime de Vichy, du nom de la ville où le gouvernement s’installa. Son appellation officielle était « l’État français ». Dirigé par le maréchal Philippe Pétain, il exerça son autorité sur la France non occupée jusqu’en novembre 1942, puis dans un contexte d’occupation allemande totale jusqu’à la Libération de 1944. Tout en revendiquant le maintien d’une souveraineté française, ce régime mena une politique de collaboration avec l’Allemagne nazie et participa à la persécution des résistants et à la déportation des Juifs de France.

Un régime né de la défaite

La naissance de Vichy s’inscrit dans la débâcle militaire du printemps 1940. Après l’offensive allemande lancée le 10 mai, les forces françaises furent rapidement repoussées et le gouvernement se replia. Le 16 juin, après la démission de Paul Reynaud, le président de la République Albert Lebrun nomma Philippe Pétain président du Conseil. Le maréchal demanda un armistice le 17 juin, signé avec l’Allemagne le 22 juin à Rethondes. Le 10 juillet, les députés et les sénateurs réunis en Assemblée nationale à Vichy votèrent une loi donnant à Pétain le pouvoir de préparer une nouvelle Constitution. Les actes constitutionnels adoptés le lendemain firent de lui le chef de l’État français et mirent en place un régime autoritaire qui remplaça, dans les faits, les institutions de la Troisième République. Le gouvernement s’installa notamment à l’hôtel du Parc et lança la « Révolution nationale », associée à la devise « Travail, Famille, Patrie ».

Une collaboration assumée avec l’Allemagne

Le régime de Vichy conserva une administration française, mais sa marge de manœuvre était fortement limitée par l’armistice et par les exigences allemandes. Pétain choisit néanmoins de rechercher une entente avec le Reich. L’entrevue de Montoire, le 24 octobre 1940, au cours de laquelle il rencontra Adolf Hitler, rendit publique cette politique de collaboration d’État. Celle-ci prit des formes économiques, administratives et policières : livraison de ressources à l’Allemagne, coopération avec les autorités d’occupation et participation à la répression des mouvements de résistance. Le régime contribua aussi à la mise en œuvre du Service du travail obligatoire, instauré en 1943 pour envoyer des travailleurs français en Allemagne. La Milice française, créée par une loi de décembre 1942 et active à partir de 1943, combattit la Résistance aux côtés des forces allemandes. En novembre 1942, après le débarquement allié en Afrique du Nord, les troupes allemandes occupèrent également la zone sud, supprimant presque toute l’autonomie dont Vichy prétendait encore disposer.

La persécution des Juifs et la répression

La politique antisémite constitue l’un des crimes majeurs de l’État français. Le premier Statut des Juifs, adopté le 3 octobre 1940 à l’initiative de Vichy, exclut les Juifs de nombreux emplois et secteurs professionnels sans avoir été imposé par une ordonnance allemande. Un second statut fut promulgué le 2 juin 1941. Le régime créa également le Commissariat général aux questions juives en mars 1941, puis participa à l’organisation des spoliations, des internements et des arrestations. Les 16 et 17 juillet 1942, la police française arrêta à Paris plus de 13 000 personnes lors de la rafle du Vél’ d’Hiv’, parmi lesquelles figuraient plus de 4 000 enfants. Les personnes arrêtées furent ensuite internées avant leur déportation. Au total, environ 76 000 Juifs furent déportés depuis la France pendant la guerre. Cette implication des autorités françaises dans la persécution et la déportation explique pourquoi le régime de Vichy est associé à la collaboration, mais aussi à la responsabilité française dans la Shoah.

La fin du régime et sa mémoire

À l’été 1944, la Libération mit fin au pouvoir de Vichy sur le territoire français. Le 20 août, les autorités allemandes emmenèrent Pétain et plusieurs membres de son gouvernement à Sigmaringen, en Allemagne, où se regroupèrent les derniers représentants du régime. Après son retour en France, Pétain fut condamné à mort en juillet 1945 pour intelligence avec l’ennemi et atteinte à la sûreté de l’État ; le général de Gaulle commua sa peine en détention à perpétuité. Pierre Laval, autre figure centrale de la collaboration, fut exécuté en octobre 1945. Pendant plusieurs décennies, la responsabilité de l’État français fut minimisée au profit du récit d’une France essentiellement résistante. La reconnaissance officielle changea notamment avec le discours de Jacques Chirac du 16 juillet 1995, qui admit la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs. Le nom de Vichy désigne ainsi à la fois le siège de ce gouvernement et un régime dont l’autoritarisme, la collaboration et la participation à la persécution des Juifs sont aujourd’hui établis.

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