Quel est le seul groupe de mammifères capable de voler activement, dont certaines espèces se nourrissent de nectar et pollinisent les plantes ?
La réponse
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Les chauves-souris constituent le seul groupe de mammifères capable de pratiquer un vol véritablement actif et prolongé. À la différence des écureuils volants, qui se déplacent en planant, elles produisent leur portance en battant des ailes. Cette aptitude leur a permis de coloniser des milieux très variés et d’adopter des régimes alimentaires diversifiés. Certaines espèces consomment notamment le nectar et le pollen des fleurs. En visitant ces fleurs, elles transportent du pollen sur leur museau, leur tête ou leur pelage et contribuent ainsi à la reproduction de nombreuses plantes, surtout dans les régions tropicales et subtropicales.
Une anatomie adaptée au vol
Les ailes des chauves-souris sont constituées d’une fine membrane de peau, appelée patagium, qui s’étend entre les doigts très allongés des membres antérieurs, le corps et les membres postérieurs. Cette structure leur offre une grande maniabilité : elles peuvent changer rapidement de direction, ralentir, se poser avec précision et, chez certaines espèces, effectuer un vol stationnaire de courte durée. Leurs ailes ne sont donc pas des « plumes » comparables à celles des oiseaux, mais une surface souple et sensible aux variations de l’air. Cette architecture explique à la fois leur agilité et la diversité de leurs styles de vol, depuis les déplacements rapides en espace ouvert jusqu’aux mouvements précis nécessaires pour atteindre une fleur.
Des régimes alimentaires très variés
Toutes les chauves-souris ne sont pas nectarivores. Selon les espèces, elles peuvent se nourrir d’insectes, de fruits, de nectar, de pollen, de petits vertébrés ou, pour un nombre très limité d’entre elles, de sang. Les espèces qui recherchent les fleurs possèdent souvent un museau allongé et une langue particulièrement mobile, qui leur permettent d’atteindre le fond des corolles. Certaines associent le nectar à la consommation de pollen ou de petits insectes, ce qui complète un aliment très énergétique mais relativement pauvre en protéines. Les chauves-souris nectarivores ne forment donc pas un groupe unique et homogène : des représentants de plusieurs lignées ont acquis de façon indépendante des adaptations à cette ressource.
Des pollinisatrices nocturnes
Lorsqu’une chauve-souris plonge la tête dans une fleur pour y chercher du nectar, des grains de pollen peuvent adhérer à son museau et à sa fourrure. En visitant ensuite une autre fleur de la même espèce, elle favorise le transfert de ce pollen vers les organes reproducteurs. Les plantes pollinisées par les chauves-souris présentent souvent des fleurs robustes, accessibles et produisant beaucoup de nectar. Nombre d’entre elles s’ouvrent ou dégagent davantage de parfum la nuit, au moment où leurs visiteurs sont actifs. Dans les Amériques, des agaves et des cactus colonnaires comptent parmi les plantes dont la pollinisation peut être assurée de manière importante par ces mammifères. Dans les régions tropicales de l’Ancien Monde, des arbres et des plantes cultivées comme le durian peuvent également recevoir la visite de chauves-souris pollinisatrices.
Un service écologique à préserver
La pollinisation par les chauves-souris facilite la reproduction des plantes et peut contribuer au maintien de la diversité génétique entre des populations éloignées, car certaines espèces parcourent de grandes distances au cours de leurs déplacements nocturnes. Elle ne concerne toutefois pas toutes les plantes ni toutes les chauves-souris. Comme les autres pollinisateurs, ces animaux dépendent de la présence de ressources florales et de refuges où se reposer, tels que les grottes, les cavités d’arbres ou certains bâtiments. La destruction des habitats, la disparition des plantes à fleurs, les perturbations des gîtes et l’emploi de produits chimiques peuvent réduire leurs populations. Protéger les chauves-souris nectarivores revient donc à préserver à la fois un groupe de mammifères biologiquement unique et les relations écologiques qui l’unissent aux plantes.
