Quel est le rôle de Maximilien de Robespierre pendant la Révolution française ?
La réponse
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Maximilien de Robespierre est l’une des figures les plus influentes et les plus controversées de la Révolution française. Avocat d’Arras devenu député, il s’impose par ses discours, son activité au club des Jacobins et sa défense intransigeante de la souveraineté populaire. Son rôle devient particulièrement important en 1793 et 1794, lorsqu’il siège au Comité de salut public et participe à la conduite d’une République menacée par la guerre civile et les armées étrangères. Associé à la Terreur, il contribue à la radicalisation de la Révolution, mais n’en est pas l’unique responsable : les décisions sont prises par plusieurs instances et acteurs révolutionnaires.
Des débuts sous le signe des principes de 1789
Élu député du tiers état aux États généraux en 1789, Robespierre rejoint ensuite l’Assemblée nationale constituante. Il y défend les principes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, l’égalité civile et une conception très large de la participation politique. Il réclame notamment l’élargissement du droit de vote aux hommes qui en sont alors exclus en raison de leur fortune. Cette position le distingue des députés attachés à un suffrage limité par la propriété. Son éloquence et sa constance lui valent une influence croissante, notamment au sein du club des Jacobins, qui devient l’un des principaux lieux de débat et de mobilisation politique pendant la Révolution.
Un dirigeant de la République en guerre
Après la chute de la monarchie le 10 août 1792, Robespierre est élu à la Convention nationale, où il siège parmi les Montagnards. Il soutient l’abolition de la monarchie et vote la mort de Louis XVI. Dans un contexte marqué par les défaites militaires, les insurrections et les rivalités politiques, il défend des mesures destinées à protéger la République contre ses ennemis. Il entre au Comité de salut public en juillet 1793. Cet organe, placé sous l’autorité de la Convention, coordonne alors la défense militaire, l’administration et une partie de la politique intérieure. Robespierre y exerce une influence importante, sans en être le chef unique : le Comité fonctionne comme une instance collective, où siègent notamment Lazare Carnot, Bertrand Barère et d’autres députés.
La Terreur et la radicalisation révolutionnaire
C’est surtout pendant la période de la Terreur, de 1793 à 1794, que son rôle devient central dans la mémoire de la Révolution. Robespierre considère que la République doit être défendue par un gouvernement révolutionnaire capable de prendre des mesures d’exception. Il associe la vertu civique à la lutte contre les complots, la trahison et la corruption, et justifie le recours à la Terreur comme un moyen de sauver la Révolution. Dans ce cadre, la Convention adopte des textes répressifs, comme la loi des suspects, tandis que les tribunaux révolutionnaires et les représentants en mission participent à la répression. Robespierre n’est pas l’auteur unique de ces mesures et ne contrôle pas seul l’ensemble de l’appareil répressif, mais il contribue à leur légitimation politique. La répression frappe successivement différents groupes, dont les hébertistes et les dantonistes, avant de s’intensifier au printemps 1794.
La chute du 9 Thermidor
L’influence de Robespierre finit par inquiéter une partie des députés de la Convention, qui redoutent sa politique et craignent d’être les prochaines victimes des arrestations. Après une période de retrait relatif, il prononce le 8 Thermidor un discours dénonçant les ennemis de la République, sans désigner clairement tous ceux qu’il vise. Le 9 Thermidor an II, correspondant au 27 juillet 1794, ses adversaires provoquent son arrestation et son renversement lors d’un coup d’État parlementaire. La Convention le déclare hors-la-loi ; il est guillotiné le lendemain, 28 juillet 1794, avec plusieurs de ses proches. Sa mort met fin à sa domination politique et ouvre la réaction thermidorienne. Robespierre demeure ainsi associé à la fois à la défense de l’idéal républicain et à la violence politique de la Terreur.
