Quel est le rôle de la moelle épinière ?
La réponse
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La moelle épinière est un long cordon de tissu nerveux qui appartient au système nerveux central. Située à l’intérieur du canal formé par les vertèbres, elle assure la liaison entre l’encéphale et une grande partie du corps. Son rôle principal consiste à faire circuler les messages nerveux dans les deux sens : elle transmet au cerveau les informations recueillies par les organes sensoriels et achemine vers les muscles et certains organes les commandes élaborées par le cerveau. Elle participe également à des réactions rapides appelées réflexes, qui peuvent être déclenchées sans attendre une décision consciente.
La transmission des informations nerveuses
Les nerfs reliés à la moelle épinière conduisent vers elle les messages provenant de la peau, des muscles, des articulations et de différents organes. Ces messages peuvent signaler une pression, une température, une douleur ou la position d’un membre. La moelle les transmet ensuite vers le cerveau par des voies nerveuses ascendantes, où ils sont interprétés et perçus. Dans l’autre sens, les commandes motrices produites par le cerveau descendent dans la moelle épinière. Elles en sortent ensuite par les nerfs spinaux pour atteindre les muscles et permettre des mouvements volontaires, comme marcher, saisir un objet ou tourner la tête. La moelle constitue donc une voie de communication indispensable entre les centres nerveux et le reste du corps, même si elle ne se réduit pas à un simple câble : certains de ses circuits traitent aussi localement les informations qu’ils reçoivent.
Le centre de nombreux réflexes
La moelle épinière intervient dans les réflexes, c’est-à-dire des réponses rapides et involontaires à un stimulus. Dans un réflexe de retrait, par exemple, une information signalant une douleur peut déclencher dans la moelle une commande destinée à contracter certains muscles avant même que le cerveau ait produit une perception consciente complète. Cette organisation raccourcit le délai de réaction et contribue à protéger l’organisme. Le réflexe tendineux du genou, observé lorsqu’un médecin frappe légèrement le tendon situé sous la rotule, repose lui aussi sur un circuit nerveux médullaire. Le cerveau reçoit néanmoins des informations sur ces activités et peut influencer de nombreux réflexes ; dire qu’ils sont médullaires signifie surtout que leur circuit essentiel peut fonctionner sans attendre une commande volontaire du cerveau.
Une participation aux fonctions automatiques
La moelle épinière contribue aussi au fonctionnement du système nerveux autonome, qui règle des activités involontaires. Elle relaie et coordonne notamment une partie des commandes concernant les vaisseaux sanguins, la transpiration, la digestion, la vessie et certains organes sexuels. Ces fonctions dépendent d’un ensemble de centres situés dans le cerveau et la moelle, ainsi que de nerfs autonomes qui relient ces centres aux organes. La moelle ne contrôle donc pas seule les fonctions vitales, mais elle constitue un passage et un lieu d’intégration importants pour certaines d’entre elles.
Les conséquences d’une lésion
La protection de la moelle épinière est assurée par la colonne vertébrale, les méninges et le liquide qui l’entoure, mais une fracture, une compression ou une autre lésion peut interrompre la circulation des messages nerveux. Les conséquences dépendent de la hauteur et de l’étendue de l’atteinte. Une lésion située dans la région cervicale peut toucher les quatre membres et parfois la respiration, tandis qu’une lésion plus basse affecte principalement le tronc et les membres inférieurs. La sensibilité, les mouvements et certaines fonctions automatiques peuvent alors être perturbés en dessous de la zone lésée. Ces conséquences illustrent directement le rôle de la moelle : lorsque ses voies sont endommagées, les échanges entre le cerveau et les régions du corps situées plus bas deviennent partiels ou impossibles.
