Histoire de l'informatique

Quel est le premier ordinateur électronique de l'histoire ?

La réponse

Le premier ordinateur électronique est généralement considéré comme l'ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer), construit en 1945 aux États-Unis. Il a été développé pour calculer les trajectoires d'artillerie pendant la Seconde Guerre mondiale et pesait environ 30 tonnes.

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L’histoire de l’informatique moderne commence souvent par une machine dont le nom résonne comme un symbole : l’ENIAC. Conçu dans l’urgence des années 1940, cet appareil a marqué un tournant en démontrant, pour la première fois, la puissance des circuits électroniques pour des calculs complexes. Son héritage dépasse largement le cadre militaire qui l’a vu naître, posant les bases des ordinateurs universels que nous utilisons aujourd’hui.

Un projet né de la guerre

L’ENIAC fut développé dans le contexte tendu de la Seconde Guerre mondiale, alors que l’armée américaine cherchait à accélérer les calculs de trajectoires pour ses canons. Avant lui, les machines existantes, comme les calculateurs mécaniques ou électromécaniques, étaient lentes et peu fiables pour des missions critiques. John Mauchly et J. Presper Eckert, deux ingénieurs de l’Université de Pennsylvanie, proposèrent alors une solution radicalement différente : un ordinateur entièrement électronique, utilisant des tubes à vide pour traiter les données. Ce choix technologique, bien que coûteux et fragile, permettait des vitesses de calcul inégalées à l’époque.

Une architecture révolutionnaire, mais limitée

Contrairement aux machines ultérieures, l’ENIAC n’était pas programmable au sens moderne du terme. Il devait être reconfiguré manuellement pour chaque nouvelle tâche, en modifiant ses circuits à l’aide de câbles et de commutateurs. Cette contrainte s’expliquait par son absence de mémoire centrale telle qu’on l’entend aujourd’hui. Pourtant, avec ses 17 468 tubes à vide, 7 200 diodes à cristal, 1 500 relais et 70 000 résistances, il pouvait effectuer environ 5 000 additions par seconde — un exploit pour l’époque. Son architecture, bien que rudimentaire comparée aux standards actuels, ouvrait la voie à des innovations futures.

Un héritage controversé et des précurseurs méconnus

Si l’ENIAC est souvent cité comme le premier ordinateur électronique, cette affirmation fait débat parmi les historiens. En effet, d’autres machines contemporaines, comme l’Atanasoff-Berry Computer (ABC) développé entre 1939 et 1942, intégraient déjà des principes électroniques et une mémoire binaire. Cependant, l’ABC n’était pas programmable et resta largement inconnu du grand public. De même, le Colossus britannique, construit dès 1943 pour décrypter les communications allemandes, était un ordinateur spécialisé et secret. L’ENIAC, lui, fut le premier à combiner programmabilité (même limitée), puissance de calcul et visibilité publique, ce qui en fait un jalon incontestable dans l’histoire de l’informatique.

Un géant qui a ouvert la voie à l’ère numérique

Malgré ses dimensions colossales — 30 tonnes, 2,4 mètres de haut et 30 mètres de long — l’ENIAC a prouvé qu’une machine pouvait automatiser des calculs complexes à une échelle inédite. Après son installation à l’Université de Pennsylvanie en 1946, il fut utilisé pour des applications civiles, comme les prévisions météorologiques ou les études de fusion nucléaire. Son existence a également inspiré des projets ultérieurs, comme l’EDVAC, qui introduisit le concept de programme enregistré, une avancée majeure. Sans l’ENIAC, des innovations comme les microprocesseurs ou les ordinateurs personnels n’auraient sans doute pas émergé aussi rapidement.