Quel est le premier médicament antiviral approuvé pour traiter le VIH ?
La réponse
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En 1987, l’AZT, également appelé azidothymidine ou zidovudine, est devenu le premier médicament antiviral approuvé pour traiter l’infection par le VIH. Cette autorisation a constitué une étape majeure dans l’histoire du sida : pour la première fois, un traitement ciblant directement la multiplication du virus était disponible, alors que l’épidémie provoquait de nombreux décès et que les options thérapeutiques étaient très limitées.
Une molécule réorientée vers le VIH
L’AZT n’avait pas été conçu à l’origine pour combattre le VIH. La molécule avait été synthétisée dans les années 1960 dans le cadre de recherches sur de possibles traitements contre le cancer, mais cette première utilisation n’avait pas abouti. Elle a ensuite été étudiée pour ses propriétés antivirales et son activité contre les rétrovirus, une famille à laquelle appartient le VIH. Cette réorientation a permis de transformer une molécule jusque-là peu prometteuse en médicament destiné à répondre à l’urgence sanitaire créée par l’épidémie de sida.
Un mode d’action ciblé
La zidovudine appartient à la famille des inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse. Une fois activée dans les cellules, elle ressemble à un élément normalement utilisé par le virus pour fabriquer son ADN à partir de son ARN. En s’intégrant dans cette chaîne en formation, elle en bloque l’allongement. Le VIH ne peut alors plus correctement accomplir une étape essentielle de sa réplication. L’AZT agit donc sur le cycle du virus, mais ne constitue pas une guérison de l’infection : il doit être administré selon un schéma thérapeutique et son efficacité peut être limitée par l’apparition de résistances.
Une première étape thérapeutique
L’approbation de l’AZT en 1987 a ouvert la voie au développement d’autres médicaments antirétroviraux. Utilisé seul au début, il a montré les limites d’une stratégie fondée sur une seule molécule, notamment en raison de résistances et d’effets indésirables. Les progrès ultérieurs ont reposé sur l’association de plusieurs traitements agissant sur différentes étapes de la réplication du VIH. L’AZT demeure ainsi un jalon historique : son autorisation n’a pas mis fin à l’épidémie, mais elle a marqué le début d’une véritable pharmacothérapie contre le VIH et a accéléré la recherche de traitements plus efficaces.
