Quel est le premier mammifère cloné à partir d’une cellule adulte ?
La réponse
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En 1996, une brebis née au Roslin Institute, en Écosse, est devenue l’un des animaux les plus célèbres de l’histoire des sciences. Baptisée Dolly, elle était le premier mammifère cloné à partir du noyau d’une cellule adulte différenciée. Sa naissance, annoncée publiquement en 1997, a démontré qu’une cellule ayant déjà une fonction spécialisée pouvait être reprogrammée pour contribuer à la formation d’un organisme entier.
Une technique de transfert nucléaire
Dolly a été obtenue grâce au transfert de noyau d’une cellule somatique adulte. Les chercheurs ont prélevé le noyau d’une cellule provenant de la glande mammaire d’une brebis adulte, puis l’ont introduit dans un ovocyte dont le noyau avait été retiré. Cet ovocyte énucléé a ensuite été stimulé afin de commencer son développement embryonnaire. L’embryon ainsi formé a été implanté dans l’utérus d’une brebis porteuse, qui a donné naissance à Dolly. Le procédé ne consistait donc pas à copier directement un animal déjà formé, mais à utiliser le matériel génétique d’une cellule adulte pour relancer un développement embryonnaire.
Pourquoi Dolly a constitué une rupture
Avant Dolly, des expériences de clonage avaient déjà été réalisées chez des animaux à partir de cellules embryonnaires ou de noyaux moins différenciés. La nouveauté essentielle résidait dans l’utilisation d’une cellule adulte spécialisée. Elle a montré que le noyau d’une telle cellule conservait l’ensemble des instructions nécessaires à la formation d’un organisme et qu’il pouvait être reprogrammé par le cytoplasme d’un ovocyte. Cette observation a profondément marqué la biologie du développement, car elle a remis en cause l’idée qu’une cellule spécialisée perdrait définitivement les capacités liées aux premiers stades du développement.
Un clone, mais pas une copie absolument identique
Dolly possédait le même patrimoine génétique nucléaire que la brebis ayant fourni la cellule adulte, ce qui justifie son statut de clone. Toutefois, elle n’était pas identique en tous points à cette donneuse. L’ovocyte utilisé apportait notamment ses propres mitochondries, qui contiennent un petit génome distinct du génome nucléaire. De plus, l’environnement de développement, l’alimentation et les expériences de vie peuvent influencer les caractéristiques d’un animal. Le clonage reproduit donc principalement une information génétique nucléaire, et non l’ensemble des conditions qui ont façonné l’individu d’origine.
Une portée scientifique et éthique durable
Dolly a attiré l’attention sur les possibilités du transfert nucléaire, mais aussi sur ses limites. La technique était complexe et son efficacité restait faible, puisque de nombreuses tentatives étaient nécessaires pour obtenir une naissance viable. La santé de Dolly a également alimenté les interrogations sur le vieillissement des animaux clonés : elle a souffert d’arthrose et d’une maladie pulmonaire avant d’être euthanasiée en 2003. Ces problèmes n’ont cependant pas suffi à établir que le clonage provoquait systématiquement un vieillissement prématuré. Son cas a surtout encouragé de nouvelles recherches sur la reprogrammation cellulaire, le développement embryonnaire et les conséquences biologiques du clonage, tout en nourrissant un débat éthique sur l’utilisation de cette technologie chez les animaux et sur son éventuelle transposition à l’être humain.
