Quel est le premier jeu vidéo à avoir introduit un monde ouvert ?
La réponse
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Elite, sorti en 1984 sur BBC Micro et Acorn Electron, est souvent considéré comme le premier jeu vidéo à avoir introduit un véritable monde ouvert. À une époque où de nombreux titres reposaient sur des écrans fixes, des niveaux successifs ou des parcours imposés, il proposait au joueur de piloter librement un vaisseau spatial dans un vaste univers. L’objectif n’était pas de suivre une histoire linéaire, mais de choisir ses destinations et ses activités au fil de ses décisions.
Un univers à explorer librement
Le monde d’Elite se compose de huit galaxies, chacune contenant 256 planètes. Le joueur peut se déplacer d’un système à l’autre grâce à son vaisseau et décider de l’itinéraire qu’il souhaite emprunter. Cette organisation donne une grande liberté d’exploration : il n’existe pas de succession obligatoire de niveaux ni de trajet unique à accomplir pour progresser. Le joueur peut notamment se consacrer au commerce, aux voyages ou aux affrontements spatiaux, selon la manière dont il souhaite jouer.
Une prouesse de génération procédurale
La taille de l’univers d’Elite était particulièrement impressionnante au regard des capacités des ordinateurs de 1984. Plutôt que de stocker séparément toutes les informations nécessaires à chaque planète, les concepteurs David Braben et Ian Bell ont utilisé des procédés de génération algorithmique. À partir de données très compactes, le programme pouvait produire les caractéristiques des différents systèmes et leurs noms. Cette méthode permettait de donner l’impression d’un univers beaucoup plus vaste que ce qu’aurait permis un stockage traditionnel, tout en conservant une grande variété entre les destinations.
Une liberté fondée sur plusieurs activités
L’ouverture du monde ne se limitait pas à la possibilité de voyager. Dans Elite, chaque déplacement pouvait s’inscrire dans une stratégie différente. Le commerce consistait à acheter des marchandises dans un système pour tenter de les revendre plus cher dans un autre, tandis que les combats spatiaux permettaient de rechercher des adversaires et d’améliorer progressivement son équipement. Le joueur devait aussi tenir compte des contraintes liées aux déplacements, notamment de la gestion de son carburant. Ces choix donnaient au jeu une structure émergente : les objectifs dépendaient davantage des décisions du joueur que d’un scénario imposé.
Une influence durable sur le jeu vidéo
Elite a contribué à établir plusieurs principes qui seront ensuite associés aux mondes ouverts : un espace vaste, des déplacements non linéaires et des activités choisies librement. Son influence s’est particulièrement fait sentir dans les jeux de simulation spatiale. Sa suite, Frontier: Elite II, sortie en 1993, a prolongé cette ambition en proposant un univers en trois dimensions d’une ampleur accrue. Des titres plus récents, comme Elite Dangerous, ont également repris l’idée d’un espace spatial largement explorable. Même si la notion de monde ouvert peut être définie de différentes façons et que d’autres jeux anciens ont expérimenté la liberté de déplacement, Elite reste la référence le plus souvent retenue pour cette première étape historique.
