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Quel est le premier grand livre imprimé par Gutenberg au XVe siècle ?

La réponse

La Bible de Gutenberg, achevée vers 1455, est généralement considérée comme le premier grand livre imprimé en Europe à l’aide de caractères mobiles métalliques.

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La Bible de Gutenberg, achevée vers 1455 à Mayence, est généralement considérée comme le premier grand livre imprimé en Europe à l’aide de caractères mobiles métalliques. Elle constitue l’une des réalisations fondatrices de l’histoire du livre occidental. Son impression ne marque pas le début de toute pratique d’impression dans le monde, car des techniques d’impression existaient depuis longtemps en Asie, mais elle inaugure une transformation profonde de la production et de la diffusion des ouvrages en Europe.

Un ouvrage monumental

L’ouvrage est une édition latine de la Bible, fondée sur la Vulgate, la version latine largement utilisée dans l’Occident chrétien médiéval. On l’appelle souvent Bible à 42 lignes, en référence à la mise en page de nombreux feuillets. Cette appellation permet de la distinguer d’autres éditions bibliques produites dans l’atelier de Gutenberg. Le livre est composé de deux volumes et cherche à reproduire l’apparence soignée des manuscrits médiévaux : les caractères imitent l’écriture gothique et des interventions manuelles complètent l’impression, notamment pour les couleurs, les initiales et certains éléments décoratifs.

La technique de Gutenberg

Johannes Gutenberg, originaire de Mayence et formé comme orfèvre, met au point au milieu du XVe siècle un ensemble technique adapté à la production de livres. Il repose notamment sur des caractères mobiles métalliques, réutilisables et disposés pour former les lignes, ainsi que sur une encre suffisamment épaisse pour adhérer au métal. L’impression est réalisée à l’aide d’une presse, tandis que la composition typographique permet de reproduire un même texte en plusieurs exemplaires. La nouveauté ne réside donc pas dans l’existence de toute forme d’impression, déjà attestée ailleurs, mais dans la combinaison de procédés qui rend possible une production relativement régulière de livres en Europe.

Une réalisation coûteuse

La fabrication de la Bible représente un projet de grande ampleur, nécessitant du matériel, des matières premières, des ouvriers spécialisés et un financement important. Gutenberg est associé dans cette entreprise à Johann Fust, qui lui apporte des fonds. Les relations entre les deux hommes se dégradent toutefois et donnent lieu à une procédure judiciaire en 1455. Les détails exacts de l’organisation de l’atelier et de la répartition des exemplaires font l’objet de discussions historiques, mais la Bible est bien liée à l’activité de l’atelier de Gutenberg et à l’essor des premiers ateliers typographiques de Mayence. Sa production reste limitée et l’ouvrage, réalisé avec soin sur papier ou sur parchemin, demeure un objet coûteux plutôt qu’un livre immédiatement accessible à toute la population.

Une étape décisive pour l’histoire du livre

La Bible de Gutenberg n’a pas fait disparaître les manuscrits et n’a pas rendu instantanément la lecture accessible à tous. Son importance tient plutôt au modèle qu’elle représente : un texte long, complexe et prestigieux peut désormais être reproduit à l’aide de caractères métalliques mobiles, tout en conservant une présentation comparable à celle des livres copiés à la main. D’autres imprimeurs développent ensuite des ateliers en Allemagne puis dans différentes régions d’Europe. La Bible de Gutenberg est ainsi devenue le symbole de la diffusion progressive de l’imprimerie typographique occidentale et reste l’un des témoignages les plus précieux de cette transition.

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