Quel est le premier acide aminé synthétisé artificiellement en laboratoire ?
La réponse
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L’alanine est considérée comme le premier acide aminé synthétisé artificiellement en laboratoire. Elle a été obtenue en 1850 par le chimiste allemand Adolph Strecker, dans le cadre de travaux qui ont montré qu’un composé appartenant à la chimie du vivant pouvait être préparé à partir de substances plus simples, en dehors de tout organisme. Cette découverte doit être distinguée de celle de la glycine, réalisée quelques décennies plus tôt, mais selon un procédé qui relevait de l’extraction et non de la synthèse.
La distinction entre extraction et synthèse
En 1820, le chimiste français Henri Braconnot avait isolé la glycine à partir de gélatine. La gélatine étant une substance d’origine biologique, cette opération consistait à libérer et à identifier un composé déjà présent dans une matière protéique, et non à construire artificiellement un acide aminé à partir de réactifs simples. La glycine est donc le premier acide aminé extrait d’une protéine, mais elle ne constitue pas le premier acide aminé synthétisé artificiellement. Cette distinction historique est essentielle, car les deux découvertes sont parfois confondues dans les récits consacrés aux débuts de la biochimie.
Le travail d’Adolph Strecker
En 1850, Adolph Strecker parvint à préparer l’alanine par une réaction chimique. La méthode qui porte son nom repose sur la transformation d’un aldéhyde en un composé intermédiaire contenant à la fois un groupe amino et un groupe nitrile, avant une hydrolyse qui conduit à l’acide aminé. Appliquée à un réactif adapté, cette séquence permet d’obtenir l’alanine, dont la structure correspond à celle d’un acide aminé de type alpha. La substance n’est pas simplement isolée d’un tissu ou d’une protéine : elle est formée au cours d’une série de réactions réalisées en laboratoire.
Une étape dans l’histoire de la chimie organique
La synthèse de l’alanine par Strecker a constitué une étape importante dans l’étude des molécules organiques associées au vivant. Elle a contribué à établir que la préparation de ces composés ne dépendait pas nécessairement d’un processus biologique. L’alanine est aujourd’hui connue comme un acide aminé protéinogène, c’est-à-dire qu’elle peut entrer dans la constitution des protéines. Sur le plan historique, toutefois, son importance tient d’abord à la méthode de Strecker et au changement de perspective qu’elle illustre : après l’isolement de la glycine par Braconnot, la chimie disposait désormais d’un premier exemple d’acide aminé obtenu par synthèse artificielle. La réponse à la question du premier acide aminé synthétisé en laboratoire est donc l’alanine, en 1850.
