Quel est le point le plus profond connu dans les océans, situé dans la fosse des Mariannes ?
La réponse
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La Challenger Deep est le point le plus profond connu des océans. Elle se trouve dans la fosse des Mariannes, dans l’ouest de l’océan Pacifique, et atteint environ 10 984 mètres sous le niveau de la mer. Cette profondeur est presque trois fois supérieure à celle du point le plus bas de la surface terrestre émergée. Elle ne correspond pas à une cavité isolée, mais à une dépression du plancher océanique, formée par l’activité des plaques tectoniques.
Une fosse créée par la subduction
La fosse des Mariannes s’est formée dans une zone de convergence où la plaque du Pacifique s’enfonce sous la plaque de la mer des Philippines. Ce phénomène, appelé subduction, déforme la croûte terrestre et crée une longue dépression très étroite. La Challenger Deep se situe dans la partie la plus profonde de cette fosse. Comme d’autres grandes fosses océaniques, elle appartient à une région géologiquement active, marquée par des séismes et une importante activité tectonique. Sa profondeur exacte peut légèrement varier selon les instruments utilisés et les méthodes de mesure, mais la valeur généralement retenue pour le point le plus profond connu est d’environ 10 984 mètres.
Une profondeur mesurée progressivement
Le nom Challenger Deep rend hommage au HMS Challenger, navire britannique dont l’expédition scientifique menée de 1872 à 1876 a contribué aux débuts de l’océanographie moderne. La profondeur de la fosse a ensuite été étudiée par différentes campagnes océanographiques, notamment grâce à l’écho-sondage et aux sonars multifaisceaux. En 1960, le bathyscaphe Trieste a atteint la Challenger Deep avec Jacques Piccard et Don Walsh à son bord. Cette première descente habitée a confirmé concrètement les conditions extrêmes qui règnent à cette profondeur. Des explorations ultérieures, habitées et robotisées, ont permis de recueillir de nouvelles observations et d’améliorer la cartographie du site.
Une pression hors norme
À près de onze kilomètres sous la surface, la pression est environ mille fois supérieure à celle qui règne au niveau de la mer. Elle impose des contraintes considérables aux parois des submersibles, aux hublots, aux câbles et aux instruments électroniques. La lumière solaire ne parvient pas dans cette zone : la Challenger Deep appartient à la région hadale, qui désigne les profondeurs océaniques situées dans les fosses les plus profondes. L’eau y reste très froide, mais elle n’est pas proche du zéro absolu ; les difficultés principales viennent surtout de la pression, de l’obscurité et de l’éloignement de la surface.
La vie dans la zone hadale
L’absence de lumière n’empêche pas toute vie. Des microorganismes et des animaux adaptés aux grandes profondeurs, notamment certains amphipodes et d’autres organismes microscopiques, peuvent y subsister. Ils dépendent en grande partie de la matière organique qui descend depuis les eaux supérieures, ainsi que de processus chimiques et biologiques propres aux sédiments. L’étude de ces formes de vie aide les scientifiques à comprendre les limites de l’adaptation biologique dans des environnements soumis à une pression extrême. Les expéditions consacrées à la Challenger Deep servent ainsi à la fois à mesurer la profondeur du site, à documenter son écosystème et à mieux connaître l’histoire géologique des océans.
