Quel est le plus grand massif de forêt tropicale humide du monde ?
La réponse
En savoir plus
La forêt amazonienne est le plus grand massif de forêt tropicale humide du monde. Elle se déploie principalement au Brésil, dans le vaste bassin de l’Amazone, mais s’étend aussi dans plusieurs autres territoires d’Amérique du Sud. Sa superficie est généralement estimée à environ 5,5 millions de kilomètres carrés. Par son étendue, la continuité de ses écosystèmes et la diversité des milieux qu’elle rassemble, elle constitue l’un des grands ensembles naturels de la planète.
Un ensemble forestier transfrontalier
L’Amazonie ne se limite pas à une seule région administrative ni aux frontières du Brésil. Elle couvre une partie de plusieurs pays et territoires sud-américains, ce qui rend sa protection particulièrement complexe. Sous cette appellation se trouvent des forêts de terre ferme, des zones régulièrement inondées, des marécages, des rivières et d’innombrables affluents. Le fleuve Amazone et son réseau hydrographique structurent profondément le paysage : ils transportent des sédiments, relient des milieux très éloignés et créent des conditions favorables à une grande variété d’espèces. Cette diversité des reliefs, des sols et des régimes de crue explique en partie l’ampleur écologique du massif.
Une biodiversité exceptionnelle
La forêt amazonienne abrite une biodiversité exceptionnelle, avec un très grand nombre d’espèces végétales, animales et aquatiques. Ses arbres forment des étages de végétation où vivent notamment des oiseaux, des primates, des insectes et de nombreux reptiles. Le jaguar, le caïman, le dauphin de rivière rose et certains grands singes comptent parmi les animaux emblématiques de la région. Les cours d’eau accueillent également une faune particulièrement riche. Toutes les espèces amazoniennes ne sont pas encore parfaitement connues ou étudiées, et la disparition d’un habitat peut donc entraîner la perte d’organismes dont le rôle écologique reste mal compris. Cette richesse biologique est aussi liée aux relations anciennes entre les sociétés humaines et leur environnement.
Un rôle majeur dans le climat et le cycle de l’eau
Par son étendue et sa végétation, l’Amazonie joue un rôle majeur dans la régulation du climat et du cycle de l’eau. Les arbres prélèvent de l’eau dans le sol et en rejettent une partie dans l’atmosphère par l’évapotranspiration. Cette humidité contribue à la formation et au déplacement des masses nuageuses, tout en participant aux précipitations dans différentes régions du bassin. La forêt stocke aussi d’importantes quantités de carbone dans sa biomasse et ses sols, même si ce stockage peut être fragilisé par la déforestation, les incendies et les sécheresses. L’expression « poumon de la Terre » est toutefois réductrice : l’oxygène produit par la photosynthèse est en grande partie consommé sur place par la respiration des organismes et la décomposition de la matière organique. L’importance de l’Amazonie tient donc surtout à ses fonctions écologiques, hydrologiques et climatiques, plutôt qu’à une supposée production nette d’oxygène destinée au monde entier.
Un massif soumis à de fortes pressions
L’immensité de la forêt amazonienne ne la met pas à l’abri des transformations. L’agriculture, l’élevage, l’exploitation minière, la construction de routes et d’autres infrastructures peuvent entraîner la déforestation et fragmenter les habitats. Les incendies sont souvent associés à la préparation ou à l’entretien de terres défrichées, tandis que le changement climatique peut accentuer les épisodes de chaleur et de sécheresse dans certaines zones. Des peuples autochtones vivent dans la région et entretiennent des liens étroits avec ses territoires, ses cours d’eau et ses ressources. La conservation du massif dépend ainsi de mesures coordonnées entre les pays concernés, de la protection effective des forêts et de la prise en compte des populations qui y vivent.
