Antiquité

Quel est le plus ancien empire connu de l'histoire ?

La réponse

Le plus ancien empire connu de l'histoire est l'Empire akkadien, fondé vers 2334 av. J.-C. par Sargon d'Akkad en Mésopotamie. Il est considéré comme le premier empire à avoir unifié plusieurs villes et régions sous un même pouvoir centralisé.

En savoir plus

Dans la Mésopotamie du IIIe millénaire avant notre ère, le pouvoir politique est d’abord organisé autour de cités-États comme Ur, Uruk, Lagash ou Kish. Vers 2334 av. J.-C., Sargon d’Akkad bouleverse cet équilibre en soumettant plusieurs villes et régions à une même autorité royale. L’Empire akkadien est ainsi généralement considéré comme le plus ancien empire connu de l’histoire : il ne s’agit plus seulement d’une cité dominant ses voisines, mais d’un ensemble territorial gouverné au nom d’un pouvoir central.

Des cités-États à un vaste royaume

La Mésopotamie méridionale était alors marquée par la concurrence entre de nombreuses cités indépendantes, principalement sumériennes. Sargon, dont l’origine exacte demeure difficile à établir, s’empara du pouvoir à Kish avant de lancer une série de conquêtes. Il étendit son autorité sur une grande partie du pays de Sumer et sur des territoires situés plus au nord. Son royaume prit le nom d’Akkad, d’après la ville qui en devint le centre politique. L’emplacement précis de cette capitale n’a pas encore été identifié, mais son rôle dans les inscriptions et les documents administratifs est clairement attesté.

Une première construction impériale

La nouveauté de l’Empire akkadien réside dans l’ampleur de son territoire et dans la volonté de maintenir sous une même monarchie des populations et des villes aux traditions différentes. Les rois akkadiens s’appuyaient sur la conquête militaire, la nomination de représentants du pouvoir et la perception de ressources dans les régions soumises. Cette organisation ne formait pas un État uniforme au sens moderne : les pratiques locales et les institutions des cités continuèrent d’exister, mais elles furent désormais placées sous la prééminence du souverain d’Akkad. L’influence akkadienne s’étendit également vers la Haute-Mésopotamie et certaines régions de Syrie, même si le degré de contrôle variait selon les territoires.

Sargon et ses successeurs

Sargon fut le fondateur de l’empire, mais sa disparition ne provoqua pas immédiatement son effondrement. Ses fils Rimush et Manishtushu lui succédèrent, puis son petit-fils Naram-Sin, qui poursuivit l’expansion et consolida le pouvoir royal. Naram-Sin est notamment connu pour la stèle qui le représente en vainqueur, portant une couronne à cornes généralement associée à la divinité. Cette image témoigne d’une évolution importante de l’idéologie monarchique : le souverain akkadien ne se présente plus seulement comme le chef d’une cité, mais comme le maître d’un espace beaucoup plus vaste. L’akkadien et le sumérien continuèrent toutefois à être utilisés conjointement dans la vie politique et administrative.

Déclin et héritage

Après le règne de Shar-kali-sharri, l’autorité impériale s’affaiblit sous l’effet des révoltes, des rivalités internes et de pressions exercées par différents groupes extérieurs, parmi lesquels les Gutis. L’Empire akkadien disparut à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, mais son expérience politique ne fut pas oubliée. La dynastie d’Ur III, puis d’autres royaumes mésopotamiens, reprirent l’idée d’un pouvoir monarchique contrôlant plusieurs villes et régions. L’importance historique d’Akkad tient donc moins à une administration parfaitement uniforme qu’à la création durable d’un modèle impérial, fondé sur la réunion de territoires éloignés sous un même souverain.

CultureG.org