Quel est le plus ancien canon complet de textes sacrés du bouddhisme ?
La réponse
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Le Tripitaka, également appelé Tipitaka en pali et souvent traduit par « Trois Corbeilles », est le plus ancien canon complet de textes sacrés bouddhiques généralement conservé. Il constitue le cœur scripturaire de la tradition theravada et rassemble des textes consacrés à la discipline monastique, aux enseignements attribués au Bouddha et à l’analyse de la doctrine. Sa forme actuelle est le résultat d’une longue transmission, d’abord orale, puis fixée par écrit au Sri Lanka vers le Ier siècle avant notre ère.
Une longue transmission orale
Pendant plusieurs siècles, les enseignements bouddhiques ont été mémorisés et récités au sein de la communauté religieuse. Cette transmission orale reposait sur des formules répétées, des structures organisées et la récitation collective, autant de procédés destinés à préserver les textes. Le canon n’a donc pas été rédigé immédiatement sous la forme d’un livre unique après la disparition du Bouddha. La mise par écrit intervenue au Sri Lanka vers le Ier siècle avant notre ère a marqué une étape décisive dans la conservation de cet héritage. Elle a permis de fixer un ensemble qui avait auparavant été transmis de génération en génération par des spécialistes de la récitation.
Les trois « corbeilles »
Le nom Tripitaka renvoie à la division traditionnelle du canon en trois ensembles. Le Vinaya Pitaka rassemble les règles monastiques qui encadrent la vie des moines et des nonnes ainsi que le fonctionnement de la communauté. Le Sutta Pitaka contient les discours, récits et enseignements attribués au Bouddha et à certains de ses disciples ; il constitue la partie la plus directement consacrée à l’exposition de la voie bouddhique. L’Abhidhamma Pitaka propose enfin des analyses doctrinales et philosophiques plus systématiques. Cette organisation distingue ainsi la discipline, l’enseignement et l’examen théorique des phénomènes et de l’expérience.
Le canon pali
Le Tripitaka conservé par la tradition theravada est rédigé en pali, langue de transmission propre à ce corpus. Le pali est apparenté aux langues indo-aryennes anciennes, mais il ne doit pas être confondu avec le sanskrit, autre langue importante de la littérature bouddhique. La conservation de ce canon au Sri Lanka a joué un rôle central dans sa transmission ultérieure, avant sa diffusion dans d’autres régions de l’Asie du Sud et du Sud-Est. L’expression « Canon pali » désigne donc à la fois la langue du corpus et la tradition canonique qui l’a préservé.
Une tradition parmi plusieurs corpus bouddhiques
Le Tripitaka est le canon complet associé à la tradition theravada, mais il ne résume pas à lui seul l’ensemble de la littérature bouddhique. D’autres écoles ont transmis des collections différentes, dont certaines parties seulement sont conservées et dont les langues peuvent être le sanskrit, le chinois ou le tibétain. Des fragments et des textes issus de canons anciens aujourd’hui incomplets ont également subsisté. Le Canon pali se distingue toutefois par l’ampleur et la continuité de sa conservation : c’est pourquoi il est généralement présenté comme le plus ancien canon complet de textes sacrés du bouddhisme encore conservé.
