Faits étonnants

Quel est le pays qui a le plus de langues officielles ?

La réponse

La Bolivie est généralement considérée comme le pays comptant le plus de langues officielles, avec 37 langues reconnues par sa Constitution : l’espagnol et 36 langues autochtones. L’Inde reconnaît 22 langues constitutionnelles, mais elles ne sont pas toutes des langues officielles nationales.

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La Bolivie est généralement considérée comme le pays qui compte le plus de langues officielles. Sa Constitution en reconnaît 37 : l’espagnol et 36 langues autochtones. Ce nombre place le pays au premier plan du plurilinguisme institutionnel, mais il faut comparer des catégories juridiques équivalentes : selon les États, une langue peut être officielle au niveau national, reconnue par la Constitution ou simplement autorisée dans certaines régions.

Une reconnaissance constitutionnelle

La reconnaissance bolivienne est inscrite dans la Constitution entrée en vigueur en 2009. Son article 5 établit comme langues officielles de l’État l’espagnol ainsi que les langues des nations et peuples indigènes originaires paysans. Le texte énumère 36 langues autochtones, parmi lesquelles le quechua, l’aymara, le guarani, le mojeño-trinitario, le bésiro, le tacana, l’uru-chipaya et le yuracaré. Il ne s’agit donc pas d’un simple décompte de langues parlées sur le territoire, mais d’un statut juridique explicitement accordé par la loi fondamentale.

Un statut commun, des usages différents

Les 37 langues ont le même statut officiel dans le texte constitutionnel, mais elles ne disposent pas toutes du même nombre de locuteurs ni de la même présence dans la vie publique. Le quechua et l’aymara occupent une place particulièrement importante dans plusieurs régions, tandis que d’autres langues sont associées à des communautés beaucoup plus restreintes. Cette différence entre égalité juridique et poids démographique est essentielle pour comprendre le cas bolivien : la Constitution ne se contente pas de retenir les langues majoritaires, elle inclut aussi les langues des peuples autochtones reconnus par l’État.

Une règle pour l’administration

La Constitution prévoit que le gouvernement plurinational et les gouvernements départementaux utilisent au moins deux langues officielles. L’une doit être l’espagnol ; l’autre est choisie en tenant compte de l’usage, des besoins, des circonstances et des préférences de la population du territoire concerné. Cette disposition adapte le fonctionnement administratif à la diversité régionale. Elle donne une portée concrète au plurilinguisme constitutionnel, tout en maintenant l’espagnol comme langue commune de référence dans les institutions nationales.

Le cas souvent confondu de l’Inde

L’Inde est fréquemment présentée comme le pays détenant le record, mais cette comparaison mélange des statuts différents. Sa Constitution répertorie 22 langues dans la huitième annexe, qui leur confère une reconnaissance constitutionnelle particulière. Toutefois, au niveau de l’Union, l’article 343 désigne l’hindi comme langue officielle et prévoit le maintien de l’anglais pour les usages officiels ; les États indiens peuvent par ailleurs adopter leurs propres langues officielles. Les 22 langues constitutionnelles indiennes ne correspondent donc pas à 22 langues officielles nationales au sens où les 37 langues le sont en Bolivie.

Le reflet d’un État plurinational

Le choix bolivien s’inscrit dans une conception de l’État qui reconnaît la pluralité des peuples et des cultures présents dans le pays. En associant l’espagnol à 36 langues autochtones, la Constitution donne une visibilité institutionnelle à des traditions linguistiques très diverses. Le chiffre de 37 doit ainsi être compris comme le résultat d’une définition constitutionnelle précise : il inclut toutes les langues déclarées officielles par l’État bolivien, et non la totalité des variétés linguistiques effectivement parlées dans le pays.

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