Économie mondiale

Quel est le pays le plus endetté au monde en 2023 ?

La réponse

En 2023, le pays le plus endetté au monde en termes de dette publique est le Japon, avec une dette dépassant 260 % de son PIB. Cette situation s'explique par des décennies de dépenses publiques élevées et une population vieillissante. Malgré cela, le Japon bénéficie de taux d'intérêt très bas, limitant les risques immédiats.

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Avec une dette publique représentant plus de 260 % de son produit intérieur brut en 2023, le Japon détient le record mondial de l’endettement public le plus élevé. Cette situation, unique parmi les grandes économies, résulte d’un contexte historique et démographique complexe. Contrairement à d’autres pays confrontés à des crises de dette aiguës, le Japon parvient à maintenir cette charge financière grâce à des mécanismes économiques spécifiques. Pourtant, cette position soulève des interrogations sur sa soutenabilité à long terme.

Une dette publique historique et structurelle

L’accumulation de la dette japonaise remonte aux années 1990, lorsque la bulle immobilière et financière éclata, plongeant le pays dans une période de stagnation économique connue sous le nom de « décennie perdue ». Pour relancer l’activité, les gouvernements successifs ont massivement accru les dépenses publiques, notamment via des plans de relance et des investissements dans les infrastructures. Cette stratégie, bien que critiquée pour son manque d’efficacité à court terme, a ancré l’endettement dans le paysage économique japonais. Parallèlement, la baisse des recettes fiscales due au vieillissement démographique a aggravé le déséquilibre entre dépenses et revenus de l’État.

Le rôle clé des taux d’intérêt et des détenteurs de la dette

Contrairement à d’autres pays surendettés, le Japon bénéficie d’un avantage structurel majeur : ses taux d’intérêt restent exceptionnellement bas, voire négatifs pour certains titres publics. Cette situation s’explique par la confiance des investisseurs, en grande partie nationaux, qui détiennent près de 90 % de la dette publique japonaise. Les ménages et les institutions financières locales, en quête de sécurité, continuent d’acheter des obligations d’État malgré leur faible rendement. Ce cercle vertueux permet à l’État de financer sa dette sans craindre une crise de liquidité, contrairement à des pays comme la Grèce ou l’Italie, soumis à la pression des marchés internationaux.

Les défis démographiques et leur impact économique

Le vieillissement de la population japonaise est un facteur clé de l’endettement. Avec un taux de fécondité parmi les plus bas du monde (1,3 enfant par femme) et une espérance de vie dépassant 84 ans, la société japonaise se contracte et vieillit rapidement. Cette transition démographique réduit la base fiscale, car le nombre de contribuables actifs diminue, tandis que les dépenses sociales (retraites, santé) augmentent. Les projections indiquent que, sans réformes structurelles, cette pression démographique continuera de peser sur les finances publiques, rendant la réduction de la dette d’autant plus difficile.

Comparaisons internationales et leçons à tirer

Si le Japon détient le record de l’endettement en pourcentage du PIB, d’autres pays comme les États-Unis, la France ou l’Italie affichent des dettes publiques importantes en valeur absolue. Cependant, leur ratio dette/PIB reste bien inférieur, grâce à une croissance économique plus dynamique ou à des politiques budgétaires plus strictes. Par exemple, les États-Unis, malgré une dette dépassant les 30 000 milliards de dollars en 2023, affichent un ratio d’environ 120 % du PIB. Cette comparaison illustre l’originalité de la situation japonaise : une dette colossale, mais « soutenable » grâce à des conditions économiques internes uniques.