Quel est le nom du télescope spatial lancé en 1990 pour observer l'univers dans le spectre visible, ultraviolet et infrarouge ?
La réponse
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Lancé le 24 avril 1990 par la navette spatiale Discovery, le télescope spatial Hubble est devenu l’un des observatoires les plus importants de l’histoire de l’astronomie. Placé en orbite terrestre basse, à environ 547 kilomètres d’altitude lors de son déploiement, il observe principalement la lumière visible, les ultraviolets et le proche infrarouge. En se trouvant au-dessus de l’atmosphère, il échappe à la turbulence qui brouille les images prises depuis le sol et peut capter des rayonnements en grande partie absorbés par l’air. Son miroir primaire de 2,4 mètres lui permet ainsi de produire des images très détaillées et de recueillir des données spectroscopiques sur les étoiles, les galaxies, les nébuleuses et les planètes.
Un observatoire à plusieurs longueurs d’onde
Hubble n’est pas limité à la photographie astronomique. Ses instruments analysent la répartition de la lumière selon sa longueur d’onde, ce qui permet notamment d’identifier la composition chimique, la température et les mouvements des objets célestes. Au cours de sa carrière, l’observatoire a utilisé des caméras et des spectrographes couvrant les domaines ultraviolet, visible et infrarouge. Des instruments comme la caméra WFC3, le spectrographe COS et le spectrographe STIS ont contribué à cette polyvalence, tandis que plusieurs équipements ont été remplacés ou modernisés lors des missions de maintenance. Cette combinaison explique pourquoi Hubble a pu étudier aussi bien la formation des étoiles que les atmosphères de certaines exoplanètes ou le gaz présent entre les galaxies.
Une réparation décisive en orbite
Les débuts de Hubble ont pourtant été marqués par un défaut majeur. Peu après les premières observations, les ingénieurs ont découvert une aberration sphérique du miroir primaire, conséquence d’une erreur survenue lors de sa fabrication et de son contrôle. Les images étaient donc moins nettes que prévu. La mission de la navette Endeavour, STS-61, menée en décembre 1993, a installé le système COSTAR, destiné à corriger cette aberration pour plusieurs instruments, ainsi que la caméra WFPC2, dotée de son propre dispositif correcteur. Les astronautes ont ainsi rendu à Hubble la qualité optique attendue. Quatre autres missions de maintenance, réalisées entre 1997 et 2009, ont ensuite remplacé des instruments, des batteries et d’autres équipements, prolongeant considérablement la durée de fonctionnement de l’observatoire.
Des résultats majeurs pour l’astronomie
Les données de Hubble ont profondément enrichi la connaissance de l’Univers. Ses images en profondeur ont révélé un grand nombre de galaxies très lointaines et ont permis d’observer des galaxies à différentes étapes de leur évolution. L’observatoire a également fourni des images détaillées de régions où naissent les étoiles, comme les célèbres « piliers de la création » de la nébuleuse de l’Aigle. En cosmologie, ses observations d’étoiles variables appelées céphéides ont servi à mieux étalonner les distances cosmiques. Elles ont notamment contribué, avec les observations de supernovae de type Ia, à l’établissement de l’accélération de l’expansion de l’Univers. Hubble a aussi joué un rôle important dans l’étude des trous noirs, des amas d’étoiles et des atmosphères exoplanétaires.
Un observatoire toujours complémentaire
Après plus de trois décennies de service, Hubble reste opérationnel et continue d’apporter des observations scientifiques. Le lancement du télescope spatial James-Webb en décembre 2021 n’a pas rendu Hubble obsolète. Webb observe principalement dans l’infrarouge, tandis que Hubble conserve un accès particulièrement précieux à l’ultraviolet et à la lumière visible. Les deux observatoires peuvent donc se compléter : Hubble fournit des données dans des longueurs d’onde que Webb n’est pas conçu pour privilégier, et Webb explore avec une sensibilité accrue l’Univers infrarouge. Le nom recherché est ainsi celui de Hubble, un télescope dont la longévité et la diversité spectrale ont marqué durablement l’astronomie spatiale.
