Quel est le nom du premier animal cloné avec succès en 1996, une brebis nommée en hommage à une chanteuse country ?
La réponse
En savoir plus
Dolly est devenue l’un des animaux les plus célèbres de l’histoire des sciences. Cette brebis, née en 1996 en Écosse, a été le premier mammifère cloné à partir du noyau d’une cellule somatique adulte, c’est-à-dire une cellule qui ne participe pas directement à la reproduction. Son nom faisait référence à la chanteuse américaine de country Dolly Parton, un choix à la fois humoristique et lié à la nature de la cellule utilisée pour l’expérience.
Une naissance au Roslin Institute
L’expérience a été menée au Roslin Institute, un centre de recherche situé près d’Édimbourg, par une équipe comprenant notamment les biologistes Ian Wilmut et Keith Campbell. Les chercheurs ont prélevé le noyau d’une cellule de la glande mammaire d’une brebis adulte, puis l’ont placé dans un ovocyte dont le noyau avait été retiré. Après activation, l’œuf reconstitué a commencé à se développer en embryon avant d’être implanté dans l’utérus d’une brebis porteuse. Dolly est née le 5 juillet 1996. Le résultat n’a toutefois été rendu public qu’en février 1997, lorsque l’équipe a annoncé cette réussite et publié ses travaux.
Pourquoi s’appelait-elle Dolly ?
Le prénom de la brebis était un clin d’œil direct à Dolly Parton. Le noyau utilisé pour le clonage provenait en effet d’une cellule mammaire, ce qui a inspiré aux chercheurs cette référence à la chanteuse. Dolly n’était donc pas une simple copie obtenue à partir d’un embryon déjà formé : son patrimoine génétique nucléaire provenait d’une cellule d’un animal adulte. Comme dans toute technique de transfert nucléaire, l’ovocyte et la brebis porteuse ont également joué un rôle biologique, mais ils n’étaient pas à l’origine de son patrimoine génétique nucléaire principal.
Une avancée scientifique majeure
La naissance de Dolly a démontré qu’une cellule adulte spécialisée pouvait, dans certaines conditions, être reprogrammée pour donner naissance à un organisme entier. Cette découverte a profondément renouvelé les recherches sur la différenciation cellulaire et sur les mécanismes permettant à une cellule de retrouver un état comparable à celui d’une cellule embryonnaire. Elle a aussi relancé les discussions sur les limites et les usages possibles du clonage chez les animaux, sans pour autant signifier que le clonage humain était devenu réalisable ou autorisé. Dolly a par ailleurs été fertile et a donné naissance à plusieurs agneaux, montrant qu’un mammifère cloné pouvait se développer et se reproduire.
Le destin de Dolly
Dolly a vécu au Roslin Institute et est morte en 2003, à l’âge de six ans, après avoir souffert notamment d’une maladie pulmonaire. Son état de santé a alimenté les interrogations sur le vieillissement des animaux clonés, mais son histoire ne permet pas, à elle seule, de conclure à un vieillissement systématiquement accéléré. Après sa mort, son corps a été naturalisé. Il est aujourd’hui conservé et présenté au National Museum of Scotland, à Édimbourg, où il rappelle l’importance de cette première dans l’histoire de la biologie.
