Quel est le nom du phénomène par lequel les sols perdent leur fertilité en raison de pratiques agricoles intensives ou de changements climatiques ?
La réponse
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La désertification désigne la dégradation durable des terres dans les régions arides, semi-arides et subhumides sèches, sous l’effet combiné des activités humaines et des variations du climat. Elle peut réduire la fertilité des sols et leur capacité à produire de la végétation ou des récoltes. Le terme ne signifie pas que les déserts naturels avancent mécaniquement : il décrit surtout un processus de dégradation des terres, qui peut toucher des territoires initialement cultivables ou pâturables.
Les pratiques agricoles en cause
Plusieurs pratiques peuvent accélérer la désertification lorsqu’elles sont trop intensives ou mal adaptées aux conditions locales. Des cultures répétées sans période de repos, le labour excessif, la suppression de la couverture végétale, le surpâturage et le déboisement exposent les sols à l’érosion. Une irrigation mal maîtrisée peut également provoquer une accumulation de sels dans le sol, appelée salinisation, qui limite la croissance des plantes. La perte de matière organique réduit en outre la capacité du sol à retenir l’eau et les nutriments, ce qui le rend plus vulnérable aux périodes de sécheresse.
Le rôle du changement climatique
Les changements climatiques ne constituent pas l’unique cause de la désertification, mais ils peuvent en aggraver les effets. La hausse des températures accroît l’évaporation et les épisodes de sécheresse peuvent devenir plus fréquents ou plus longs dans certaines régions. Des précipitations irrégulières ou des pluies très intenses peuvent aussi fragiliser les terres : lorsqu’un sol dénudé reçoit une forte averse, l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer et emporte une partie de la couche fertile. Les conditions climatiques et les usages des terres se renforcent ainsi parfois mutuellement.
Des conséquences pour les écosystèmes et les populations
Lorsque la désertification progresse, la productivité agricole et pastorale diminue, tandis que l’érosion éolienne ou hydrique s’intensifie. La raréfaction de la végétation peut réduire les habitats disponibles pour de nombreuses espèces et perturber le fonctionnement des écosystèmes. Pour les populations qui dépendent directement des cultures ou de l’élevage, cette dégradation peut entraîner une baisse des revenus, une plus grande insécurité alimentaire et une concurrence accrue pour l’eau et les terres. Ses effets varient toutefois selon les régions : la désertification n’évolue ni à la même vitesse ni avec la même intensité partout.
Préserver et restaurer les terres
La désertification n’est pas nécessairement irréversible. La restauration des terres repose notamment sur le maintien d’une couverture végétale, la plantation d’arbres ou d’arbustes adaptés, la rotation des cultures, l’apport de matière organique et une gestion plus économe de l’eau. Des techniques de récupération de l’eau, comme les cordons pierreux ou les cuvettes de plantation, peuvent être utiles dans certains milieux lorsqu’elles sont adaptées aux savoir-faire et aux besoins locaux. La gestion durable des pâturages et la limitation du déboisement contribuent également à protéger les sols. L’objectif est de préserver leur fertilité et leur capacité à retenir l’eau, plutôt que de chercher uniquement à augmenter les rendements à court terme.
