Quel est le nom du phénomène par lequel les plastiques se décomposent en microplastiques sous l'effet des UV et de l'érosion, et quel est son impact majeur sur les écosystèmes marins ?
La réponse
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Dans le milieu marin, un emballage, un filet ou un fragment de plastique ne disparaît pas nécessairement lorsqu’il se dégrade sous l’action de l’environnement. Exposé aux rayons ultraviolets, puis soumis aux vagues, aux courants et aux frottements, il se fragilise et se divise progressivement en morceaux de plus en plus petits. Ce phénomène est appelé fragmentation des plastiques. Il produit notamment des microplastiques, dont la présence diffuse constitue une source de contamination pour les organismes marins et pour la chaîne alimentaire.
Une dégradation progressive
La lumière ultraviolette provoque une photodégradation de la surface du plastique : elle altère progressivement le matériau, le décolore et le rend plus cassant. Les contraintes mécaniques prennent ensuite le relais. Les vagues, les grains de sable, les rochers et les sédiments exercent des frottements qui agrandissent les fissures et détachent des fragments. La fragmentation résulte donc de l’action combinée d’un affaiblissement lié aux UV et d’une abrasion physique. Les particules produites peuvent avoir des tailles variées ; celles qui mesurent moins de 5 millimètres sont généralement classées parmi les microplastiques. Elles ne sont pas toutes invisibles à l’œil nu, mais leur petite taille facilite leur dispersion dans l’eau et les sédiments. Ce processus ne correspond pas à une biodégradation : le plastique n’est pas assimilé et éliminé par des organismes, il est surtout divisé en éléments plus petits qui restent présents dans l’environnement.
Une pollution répartie dans le milieu marin
Après leur formation, les microplastiques peuvent suivre des trajectoires différentes selon leur densité, leur forme et l’état de leur surface. Certains restent près de la surface, tandis que d’autres se déposent dans les fonds marins ou sont transportés entre différents compartiments de l’écosystème. Des courants peuvent les déplacer sur de longues distances, et des organismes vivant sur les particules peuvent également modifier leur comportement dans l’eau. Cette dispersion rend la pollution difficile à localiser et à retirer. Les microplastiques issus de la fragmentation peuvent ainsi être présents dans les zones côtières, la colonne d’eau et les sédiments, sans se limiter aux lieux où les déchets plastiques ont été initialement abandonnés.
La contamination de la chaîne alimentaire
L’impact majeur de la fragmentation est la contamination de la chaîne alimentaire marine. Des organismes de petite taille peuvent ingérer ces particules en les confondant avec leur nourriture ou en les absorbant avec l’eau. Les microplastiques peuvent ensuite être retrouvés chez des mollusques, des crustacés et des poissons, mais aussi chez certains oiseaux et mammifères marins lorsqu’ils consomment des proies contaminées. Ce transfert entre niveaux trophiques n’est pas automatique et ne signifie pas que les particules s’accumulent de la même manière chez toutes les espèces : une partie peut être rejetée. Il suffit toutefois que de nombreux organismes soient exposés pour que la présence du plastique se diffuse dans le réseau alimentaire. L’ingestion peut réduire la prise de nourriture, irriter le système digestif ou mobiliser une énergie qui aurait été consacrée à la croissance et à la reproduction, selon la taille des particules, leur composition et la sensibilité des espèces.
Un problème difficile à traiter
La fragmentation complique la lutte contre la pollution plastique, car un déchet visible devient une multitude de particules beaucoup plus difficiles à récupérer. Les effets des microplastiques varient selon les polymères, les additifs, les contaminants présents à leur surface, les concentrations et les organismes concernés ; il faut donc éviter de présenter toutes leurs conséquences comme identiques ou entièrement établies. La prévention reste néanmoins essentielle : réduire les rejets de plastique, améliorer la collecte des déchets et limiter leur dispersion permet d’éviter la formation de nouveaux microplastiques. Une fois la fragmentation engagée, le retrait des particules dans l’ensemble du milieu marin devient particulièrement complexe.
