Quel est le nom de la guerre civile qui a opposé les maisons de Lancastre et d'York en Angleterre au XVe siècle ?
La réponse
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La guerre des Deux-Roses est le nom donné à une longue série de conflits dynastiques et de guerres civiles qui déchirèrent l’Angleterre au XVe siècle. Elle opposa principalement les partisans de la maison de Lancastre, qui détenait le trône avec Henri VI, à ceux de la maison d’York, qui revendiquait également la couronne. Généralement datée de 1455 à 1487, cette période fut marquée par des changements de souverain, des alliances mouvantes et plusieurs batailles décisives. Elle s’acheva par l’installation de la dynastie Tudor, après la défaite du roi Richard III.
Des revendications issues des Plantagenêts
Les deux maisons rivales descendaient du roi Édouard III, mort en 1377. La maison de Lancastre était issue de Jean de Gand, son troisième fils survivant, tandis que la maison d’York descendait notamment d’Edmond de Langley, son quatrième fils survivant. Les droits des York étaient également liés à la descendance de Lionel d’Anvers, deuxième fils d’Édouard III, par l’intermédiaire d’Anne Mortimer. Cette généalogie complexe nourrissait les prétentions concurrentes au trône. La crise s’aggrava sous le règne d’Henri VI, devenu roi en 1422 alors qu’il n’était âgé que de quelques mois. Son gouvernement fut fragilisé par la perte progressive des possessions anglaises en France, par les rivalités entre grands seigneurs et par les épisodes de maladie mentale dont souffrit le souverain.
Le début des affrontements
Le conflit ouvert commença en 1455 avec la première bataille de St Albans. Les forces de Richard, duc d’York, y vainquirent les troupes lancastriennes et capturèrent Henri VI. Cette victoire ne régla cependant pas la crise. Après plusieurs tentatives de compromis, les combats reprirent et s’étendirent à différentes régions du royaume. Richard d’York fut tué à la bataille de Wakefield en 1460, mais son fils Édouard remporta ensuite plusieurs succès, notamment à Mortimer’s Cross. En mars 1461, sa victoire à Towton lui permit de prendre le pouvoir sous le nom d’Édouard IV. Towton est généralement considérée comme l’une des batailles les plus importantes et les plus meurtrières de cette période.
Un trône qui change plusieurs fois de mains
La victoire d’Édouard IV ne mit pas fin aux luttes. En 1465, Henri VI fut capturé puis emprisonné, mais les tensions persistèrent au sein du camp yorkiste. En 1470, Richard Neville, comte de Warwick, jusque-là l’un des principaux soutiens d’Édouard IV, se rapprocha des Lancastre et contribua au rétablissement temporaire d’Henri VI. Édouard IV reprit toutefois le trône dès 1471. Il vainquit Warwick à la bataille de Barnet, puis les forces lancastriennes à Tewkesbury. Le prince Édouard de Westminster, fils d’Henri VI et de Marguerite d’Anjou, mourut après cette dernière bataille, et Henri VI décéda peu après alors qu’il était détenu à la Tour de Londres. Marguerite d’Anjou avait joué un rôle politique et militaire majeur dans la défense de la cause lancastrienne.
De Richard III aux Tudor
Après la mort d’Édouard IV en 1483, son frère Richard, duc de Gloucester, devint roi sous le nom de Richard III. Son règne fut contesté, notamment en raison des circonstances dans lesquelles les droits de ses neveux, les fils d’Édouard IV, furent écartés. En 1485, Henri Tudor débarqua en Angleterre et affronta Richard III à la bataille de Bosworth. La mort de Richard sur le champ de bataille permit à Henri Tudor de devenir roi sous le nom d’Henri VII. Celui-ci épousa en 1486 Élisabeth d’York, fille d’Édouard IV, donnant une dimension symbolique à la réunion des deux lignées rivales. La bataille de Bosworth fut l’affrontement décisif, mais la bataille de Stoke Field, en 1487, est souvent considérée comme le dernier grand combat des guerres civiles.
L’origine du nom
Le nom de guerre des Deux-Roses fait référence aux emblèmes traditionnellement associés aux deux maisons : la rose rouge pour les Lancastre et la rose blanche pour les York. Cette représentation a surtout été popularisée après les événements, mais elle est devenue l’image la plus célèbre du conflit. Après son accession au trône, Henri VII exploita cette symbolique en associant les deux traditions dynastiques dans l’emblème de la rose Tudor. La guerre des Deux-Roses désigne donc moins une guerre unique et continue qu’un ensemble de luttes pour la couronne d’Angleterre, dont l’issue favorisa l’avènement durable des Tudor.
