Quel est l’un des plus anciens complexes mégalithiques monumentaux d’Europe ?
La réponse
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Les temples de Ġgantija se dressent sur l’île de Gozo, dans l’archipel maltais, et comptent parmi les plus anciens complexes mégalithiques monumentaux d’Europe. Leur construction est généralement datée d’environ 3600 à 3200 av. J.-C., soit plusieurs siècles avant les grandes pyramides d’Égypte. Édifiés au Néolithique par des communautés insulaires, ces monuments témoignent d’une capacité remarquable à extraire, transporter et assembler d’imposants blocs de pierre. Pourtant, malgré les recherches archéologiques, les techniques exactes employées pour leur construction restent discutées.
Deux temples monumentaux
Le complexe de Ġgantija comprend deux temples construits côte à côte. Leur architecture repose sur de puissantes murailles en pierre et sur une organisation intérieure faite de cours et de pièces aux formes arrondies, caractéristiques de l’architecture des temples mégalithiques maltais. Les bâtisseurs ont utilisé des calcaires locaux, dont certains blocs atteignent une taille considérable. L’appellation Ġgantija est généralement rattachée au mot maltais ġgant, qui signifie « géant », une référence à l’aspect imposant du site et aux légendes associant ces constructions à des êtres gigantesques. Cette tradition populaire ne constitue toutefois pas une explication historique de leur édification : les temples sont bien l’œuvre de sociétés humaines du Néolithique.
Des méthodes encore incertaines
La réalisation de Ġgantija est d’autant plus remarquable que les bâtisseurs ne disposaient pas d’outils métalliques pour travailler les matériaux. Des outils en pierre, ainsi que des éléments en bois ou en fibres végétales, ont pu être utilisés, mais les traces archéologiques ne permettent pas de reconstituer avec certitude chaque étape du chantier. Les chercheurs envisagent différentes combinaisons de leviers, de cordes, de rampes ou de dispositifs de déplacement, sans qu’une méthode unique fasse consensus. Il est également difficile de déterminer précisément comment les blocs ont été hissés et ajustés. La prudence s’impose donc face aux reconstitutions trop détaillées : le site prouve la maîtrise de techniques complexes, mais il ne livre pas à lui seul le mode d’emploi de sa construction.
Un lieu probablement rituel
La fonction des bâtiments est généralement interprétée comme cultuelle, en raison de leur plan, de leurs aménagements intérieurs et du mobilier découvert lors des fouilles. Certains éléments sont associés à des autels ou à des pratiques cérémonielles, tandis que des restes d’animaux et d’autres dépôts peuvent témoigner d’activités rituelles. Ces indices ne permettent cependant pas de décrire avec précision les croyances des communautés qui fréquentaient Ġgantija. Les interprétations évoquant un culte déterminé, une divinité particulière ou une fonction astronomique précise doivent donc rester prudentes lorsqu’elles ne sont pas directement démontrées par les découvertes.
Un patrimoine majeur de Malte
Les temples de Ġgantija appartiennent à l’ensemble des temples mégalithiques de Malte et de Gozo, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980. Leur conservation doit tenir compte de l’érosion des pierres, des effets du climat et de la fréquentation du site. Au-delà de leur ancienneté, ces monuments sont précieux parce qu’ils révèlent l’organisation collective et les savoir-faire de sociétés néolithiques capables de mener un projet architectural d’une ampleur exceptionnelle, bien avant l’apparition des pyramides d’Égypte et sans recourir à des outils métalliques.
