Quel est l’un des matériaux artificiels les plus durs connus ?
La réponse
En savoir plus
Le diamant synthétique, produit en laboratoire à partir de carbone, figure parmi les matériaux artificiels les plus durs connus. Il possède la même structure cristalline fondamentale que le diamant naturel : les atomes de carbone y sont liés dans un réseau très compact et résistant. Certaines formes nanostructurées, notamment les diamants polycristallins constitués de grains de taille extrêmement réduite, peuvent présenter des performances mécaniques remarquables. La réponse ne se limite donc pas à opposer un matériau artificiel à un matériau naturel : le diamant synthétique reproduit la nature chimique du diamant tout en permettant de contrôler sa fabrication et sa microstructure.
Une dureté liée à la structure du carbone
La dureté exceptionnelle du diamant s’explique par la solidité des liaisons entre ses atomes de carbone. Dans sa structure tridimensionnelle, chaque atome est fortement lié à plusieurs voisins, ce qui rend le réseau très difficile à déformer ou à rayer. La dureté reste toutefois une propriété distincte de la résistance aux chocs : un matériau peut être extrêmement difficile à rayer tout en étant relativement fragile lorsqu’il subit un impact. Les résultats varient aussi selon la pureté du matériau, la présence de défauts, l’orientation des cristaux et la méthode de mesure. Il est donc plus rigoureux de dire que le diamant synthétique figure parmi les matériaux les plus durs connus que d’affirmer qu’il surpasse toutes les autres substances dans toutes les situations.
Les procédés de fabrication
Deux grandes familles de procédés permettent de produire du diamant synthétique. La méthode HPHT, fondée sur de fortes pressions et de hautes températures, recrée les conditions nécessaires à la transformation du carbone en diamant. Le procédé CVD, ou dépôt chimique en phase vapeur, fait croître le diamant à partir d’un gaz contenant du carbone sur un substrat adapté. Ces techniques permettent d’obtenir des diamants destinés à l’industrie, à la recherche et, dans certains cas, à la joaillerie. Elles offrent également un contrôle de la croissance, de la forme et de certaines caractéristiques du matériau, sans changer la nature fondamentale du réseau cristallin du diamant.
L’intérêt des formes nanostructurées
Les formes nanostructurées sont particulièrement étudiées parce que la taille et l’organisation de leurs grains peuvent modifier les propriétés mécaniques du matériau. Le diamant nanopolycristallin est composé d’un grand nombre de très petits cristaux de diamant, dont l’organisation diffère de celle d’un monocristal. Cette microstructure peut limiter certains mécanismes de déformation et conduire à une dureté très élevée. Les performances annoncées doivent néanmoins être interprétées avec prudence : les valeurs dépendent du protocole expérimental, de la charge appliquée et de la surface examinée. La nanostructuration ne constitue donc pas une garantie universelle de supériorité, mais elle explique pourquoi certaines variétés synthétiques comptent parmi les matériaux les plus durs étudiés.
Le nitrure de bore cubique, un concurrent important
Le nitrure de bore cubique, souvent abrégé c-BN, est lui aussi un matériau artificiel très dur. Sa structure rappelle celle du diamant, mais il est composé de bore et d’azote plutôt que de carbone. Il est généralement moins dur que le diamant, y compris dans la comparaison avec les formes les plus performantes du diamant synthétique. Il possède cependant des qualités qui le rendent précieux pour certaines applications : sa bonne résistance à l’usure et son comportement avantageux lors de l’usinage de nombreux aciers et alliages contenant du fer. Le choix entre diamant synthétique et c-BN dépend ainsi non seulement de la dureté, mais aussi de la température, de la nature de la pièce à travailler et des réactions chimiques susceptibles de se produire pendant l’utilisation.
