Quel est généralement considéré comme le premier dictionnaire monolingue du français ?
La réponse
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Le Dictionnaire françois de Pierre Richelet, publié en 1680, est généralement considéré comme le premier dictionnaire monolingue du français. Son originalité tient au fait qu’il explique les mots français en français, au lieu de s’inscrire dans la tradition des dictionnaires bilingues, très répandus avant lui. Cette publication marque une étape importante dans la constitution d’outils consacrés spécifiquement au vocabulaire et aux usages de la langue française.
Une œuvre antérieure au dictionnaire de l’Académie
Le Dictionnaire françois de Richelet précède de quatorze ans le Dictionnaire de l’Académie française, paru en 1694. L’Académie avait été fondée en 1635, mais son dictionnaire a demandé plusieurs décennies de travail avant d’être publié. Il ne peut donc pas être considéré comme le premier dictionnaire monolingue du français, même s’il est devenu l’un des ouvrages les plus importants de l’histoire de la normalisation linguistique. La priorité chronologique revient à Richelet, dont le dictionnaire paraît au début de la période où les entreprises de description et de codification du français se multiplient.
Décrire les mots et leurs usages
Le dictionnaire de Richelet ne se limite pas à une simple liste de termes. Il fournit des définitions et donne des indications sur les emplois, les expressions, la prononciation ou encore le genre grammatical de certains mots. Comme tout ouvrage lexicographique de son époque, il reflète les choix de son auteur : certains termes sont présentés comme familiers, populaires, bas, burlesques ou propres à certains usages. Cette attention portée aux différents niveaux de langue distingue l’ouvrage d’une conception strictement abstraite du vocabulaire et en fait un témoignage précieux sur le français du XVIIe siècle.
Une étape dans l’histoire de la lexicographie française
Après le Dictionnaire françois de Richelet, d’autres ouvrages majeurs paraissent rapidement. Le Dictionnaire universel d’Antoine Furetière est publié en 1690, puis le Dictionnaire de l’Académie française en 1694. Ces dictionnaires n’ont pas exactement le même projet : celui de Furetière accorde une place importante aux termes techniques et aux connaissances, tandis que celui de l’Académie adopte une orientation plus normative. Malgré ces différences, ils appartiennent tous à un mouvement de fond qui contribue à faire du français une langue de plus en plus décrite, organisée et discutée dans des ouvrages de référence.
