Première Guerre mondiale

Quel empire des puissances centrales a signé le premier un armistice en 1918, avant l’Autriche-Hongrie ?

La réponse

L’Empire ottoman a signé l’armistice de Moudros le 30 octobre 1918, avant l’Autriche-Hongrie, qui a signé l’armistice de Villa Giusti le 3 novembre.

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À l’automne 1918, la défaite des puissances centrales se précipite et entraîne la conclusion successive de plusieurs armistices. Parmi les empires engagés dans ce camp, l’Empire ottoman est le premier à suspendre officiellement les hostilités : il signe l’armistice de Moudros le 30 octobre 1918, quelques jours avant l’Autriche-Hongrie, qui conclut l’armistice de Villa Giusti le 3 novembre.

Un empire épuisé par la guerre

L’Empire ottoman est entré dans la Première Guerre mondiale en 1914 aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. Ses forces ont combattu sur plusieurs fronts, notamment dans le Caucase, en Mésopotamie et en Palestine. La campagne des Dardanelles, menée en 1915 et 1916, avait permis aux Ottomans de résister à l’offensive alliée, mais les années de guerre ont lourdement éprouvé l’armée, l’économie et les communications de l’Empire. En 1918, les offensives alliées au Proche-Orient aggravent cette situation et rendent la poursuite du conflit de plus en plus difficile.

La signature de l’armistice de Moudros

Le 30 octobre 1918, des représentants de l’Empire ottoman signent l’armistice de Moudros avec les Alliés, dans le port de Moudros, sur l’île de Lemnos. Cet accord met fin aux opérations militaires ottomanes contre l’Entente. Il ne constitue pas encore un traité de paix définitif et ne supprime pas immédiatement l’Empire ottoman, mais il marque son retrait de la Première Guerre mondiale. La date est essentielle pour établir l’ordre des armistices : elle précède de quatre jours la signature de l’accord conclu par l’Autriche-Hongrie à Villa Giusti.

Des conditions qui placent l’Empire sous tutelle alliée

Les dispositions de Moudros imposent notamment la démobilisation d’une grande partie de l’armée ottomane et l’ouverture des détroits des Dardanelles et du Bosphore aux Alliés. Elles autorisent également l’occupation de points stratégiques lorsque les Alliés l’estiment nécessaire. L’armistice donne ainsi à l’Entente les moyens de contrôler les voies de communication essentielles entre la Méditerranée et la mer Noire. Il ouvre une période d’occupation et de pression politique qui transforme profondément la situation de l’Empire ottoman après la fin des combats.

Une étape vers le démantèlement de l’Empire

Après Moudros, les puissances victorieuses envisagent une réorganisation très défavorable aux Ottomans. Le traité de Sèvres, signé en 1920, prévoit un vaste partage des territoires de l’Empire, même si son application est ensuite remise en cause par la guerre d’indépendance turque et le traité de Lausanne de 1923. L’armistice de Moudros reste donc le premier acte diplomatique qui consacre la sortie de l’Empire ottoman du conflit et précède, dans le camp impérial des puissances centrales, la désagrégation de l’Autriche-Hongrie.

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