Histoire de l'Asie

Quel empire asiatique a construit la Grande Muraille de Chine ?

La réponse

La Grande Muraille de Chine a été construite principalement sous l'empire des Qin, vers 220 av. J.-C., puis renforcée et étendue par les dynasties suivantes comme les Han et les Ming. Elle servait à protéger la Chine des invasions nomades venues du nord, notamment des Mongols.

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La Grande Muraille de Chine n’est pas l’œuvre d’un seul souverain ni d’une seule époque. Elle résulte de l’assemblage et de la transformation de fortifications édifiées sur plusieurs siècles dans le nord de la Chine. L’empire des Qin occupe toutefois une place fondatrice dans son histoire : après l’unification de la Chine, vers 220 av. J.-C., il relia et renforça plusieurs murs existants pour former un vaste dispositif défensif contre les incursions venues des steppes septentrionales.

Des fortifications antérieures à l’unification

Bien avant la naissance de l’empire des Qin, plusieurs États de la période des Royaumes combattants avaient construit leurs propres murs à leurs frontières. Les royaumes de Qin, de Zhao et de Yan notamment cherchaient ainsi à protéger leurs territoires agricoles et leurs populations contre les raids de groupes nomades ou contre les armées rivales. Ces ouvrages étaient alors séparés les uns des autres et ne constituaient pas encore la Grande Muraille telle qu’elle est connue aujourd’hui. Leur existence fournit néanmoins aux Qin une base qu’ils purent réorganiser après leur victoire sur les autres royaumes chinois.

Le rôle de l’empire des Qin

En 221 av. J.-C., Qin Shi Huang unifia la Chine et fonda le premier empire chinois. Son gouvernement entreprit ensuite de relier, de prolonger et de consolider plusieurs fortifications du nord, dans le but de protéger les régions nouvellement réunies. Cette entreprise, engagée vers 220 av. J.-C., est généralement considérée comme l’acte fondateur de la Grande Muraille. Elle ne correspondait cependant pas à la construction en une seule fois d’un rempart continu identique à celui que les visiteurs découvrent aujourd’hui. Les matériaux et les techniques variaient selon les régions, et une grande partie des structures de l’époque Qin a depuis disparu ou a été profondément remaniée.

Les prolongements sous les Han et les Ming

Après la chute rapide de l’empire des Qin, les Han poursuivirent l’entretien et l’extension de certaines défenses septentrionales. Leur principal adversaire au nord était alors constitué par les Xiongnu, une confédération de peuples des steppes. Les fortifications servaient à protéger les zones agricoles, à surveiller les voies de passage et à sécuriser les territoires occidentaux liés aux échanges de la route de la Soie. Des siècles plus tard, les Ming reconstruisirent et renforcèrent de nombreux tronçons. Les parties en briques et en pierre, jalonnées de tours et de fortins, qui donnent à la muraille son apparence la plus célèbre sont principalement issues de cette période. Les Ming l’utilisèrent notamment face aux Mongols, puis face aux menaces venues du nord-est.

Une ligne de défense plutôt qu’une frontière absolue

La Grande Muraille formait un ensemble de murs, de tours de guet, de postes fortifiés et de voies de communication. Elle devait ralentir les incursions, alerter les garnisons et contrôler certains passages, mais elle n’a jamais constitué une barrière parfaitement infranchissable. Son efficacité dépendait de la présence des troupes, de l’organisation des postes et des relations politiques avec les peuples voisins. Elle n’empêcha donc ni les échanges ni les déplacements à travers les passages surveillés. Son importance historique tient autant à sa fonction militaire qu’à la continuité des travaux entrepris par plusieurs régimes, depuis les Qin jusqu’aux Han et aux Ming.

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