Quel écrivain américain a écrit Moby Dick et Bartleby le scribe ?
La réponse
En savoir plus
Herman Melville est l’écrivain américain qui a signé à la fois Moby Dick et Bartleby le scribe. Ces deux œuvres illustrent la diversité de son écriture : la première est un vaste roman maritime consacré à la quête du capitaine Achab, tandis que la seconde est une nouvelle brève et énigmatique centrée sur le refus d’un copiste. Publiées à deux ans d’intervalle, elles occupent aujourd’hui une place importante dans la littérature américaine et mondiale.
Moby Dick, le roman de l’obsession
Publié en 1851, Moby Dick raconte le voyage du Pequod, un navire baleinier commandé par le capitaine Achab. Le récit est mené par Ishmaël, un jeune marin qui rejoint l’équipage et devient le témoin de la poursuite acharnée d’une baleine blanche appelée Moby Dick. Achab nourrit contre elle une haine personnelle depuis qu’une précédente rencontre lui a coûté une jambe. Sa volonté de capturer l’animal transforme une expédition maritime en quête de vengeance, puis en affrontement aux dimensions presque métaphysiques.
Le roman ne se limite cependant pas à cette intrigue. Melville y mêle les scènes d’aventure à de longues descriptions de la chasse à la baleine, de la vie à bord et du monde maritime. Il y fait également intervenir des réflexions sur la connaissance, la religion, le destin et les rapports entre l’être humain et la nature. Cette composition très ample, qui alterne narration, descriptions techniques, méditations et symboles, contribua à rendre l’œuvre difficile à classer. Moby Dick ne fut pas immédiatement reconnu comme un chef-d’œuvre, mais il est devenu avec le temps l’un des grands romans de la littérature mondiale.
Bartleby le scribe et le refus
Publiée en 1853, Bartleby le scribe est une nouvelle racontée par un avoué new-yorkais, qui engage Bartleby comme copiste dans son étude. Au début, le personnage accomplit son travail, puis il commence à décliner les tâches qu’on lui demande en répétant une formule devenue célèbre : « Je préférerais ne pas ». Son refus s’étend progressivement à presque toute activité, sans que le narrateur parvienne à comprendre ses motivations ni à rétablir l’ordre habituel du bureau.
Par son économie de moyens et son ambiguïté, la nouvelle a suscité de nombreuses interprétations. Elle peut être lue comme une réflexion sur le travail, l’autorité, l’isolement et l’impossibilité de communiquer, mais aussi comme une représentation de la résistance passive face aux exigences sociales. Le texte ne fournit pas d’explication définitive au comportement de Bartleby. Cette absence de réponse contribue à sa force et explique pourquoi la nouvelle continue d’intéresser les lecteurs, les critiques et les philosophes.
Le parcours de Herman Melville
Avant Moby Dick, Melville s’était fait connaître grâce à des récits inspirés de ses expériences maritimes et de ses séjours dans les mers du Sud, notamment Typee et Omoo. La réception de ses ouvrages fut ensuite inégale, et Moby Dick ne rencontra pas le succès commercial qui aurait pu assurer à son auteur une place confortable dans le monde littéraire de son époque. Melville continua pourtant d’écrire, en publiant notamment des récits et des nouvelles, parmi lesquels Bartleby le scribe.
À partir de 1866, il travailla comme inspecteur des douanes à New York, fonction qu’il conserva jusqu’en 1885. Son œuvre connut une reconnaissance beaucoup plus importante au XXe siècle, lorsque des lecteurs et des critiques redécouvrirent la richesse de Moby Dick et la modernité de Bartleby le scribe. L’un met en scène une obsession qui conduit un équipage vers la catastrophe ; l’autre montre, dans un espace de travail ordinaire, un refus dont le sens demeure insaisissable. Leur auteur commun est Herman Melville, figure majeure de la littérature américaine.
