Quel document, signé en 1945, a officiellement mis fin à la guerre en Europe ?
La réponse
En savoir plus
L’Acte de capitulation du Troisième Reich est le document qui a officiellement mis fin aux opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Il formalise la reddition sans condition des forces armées allemandes face aux Alliés, après l’effondrement du régime nazi et la prise de Berlin. Cette capitulation ne constitue pas un traité de paix, mais un acte militaire décisif : elle impose l’arrêt des combats et place l’Allemagne sous l’autorité des puissances victorieuses.
Une capitulation signée en deux temps
La reddition allemande s’est déroulée en deux étapes. Le 7 mai 1945, à Reims, le général allemand Alfred Jodl signe un premier acte de capitulation au quartier général des forces alliées occidentales. L’Union soviétique souhaite toutefois qu’une cérémonie officielle se tienne également à Berlin, où l’Armée rouge a joué un rôle central dans la défaite allemande. Un second acte est donc signé dans la nuit du 8 au 9 mai à Karlshorst, dans la banlieue de Berlin, en présence de représentants soviétiques et alliés. Cette seconde signature confirme la capitulation et explique les différences de date selon les pays : en Europe occidentale, la victoire est principalement commémorée le 8 mai, tandis qu’à Moscou elle correspond au 9 mai en raison du décalage horaire.
Les obligations imposées à l’Allemagne
Le document ordonne à toutes les forces armées allemandes, terrestres, navales et aériennes, de cesser les hostilités et de se rendre sans condition. Elles doivent également déposer leurs armes, remettre leur matériel et se conformer aux instructions des commandements alliés. L’acte engage donc l’ensemble de l’appareil militaire allemand, et non une seule unité ou une seule région. Ses versions anglaise et russe font foi, tandis qu’une version allemande accompagne le texte. La cessation générale des opérations est fixée au 8 mai 1945 à 23 h 01, heure d’Europe centrale.
Les signataires de Berlin
La cérémonie de Karlshorst réunit des représentants de haut rang des deux camps. Du côté allemand, le maréchal Wilhelm Keitel signe au nom du haut commandement de la Wehrmacht, accompagné de l’amiral Hans-Georg von Friedeburg pour la marine et du général Hans-Jürgen Stumpff pour l’armée de l’air. Le document est reçu par le maréchal soviétique Gueorgui Joukov et le maréchal de l’air britannique Arthur Tedder, représentant le commandement allié occidental. Le général français Jean de Lattre de Tassigny et le général américain Carl Spaatz assistent également à la cérémonie comme témoins. La signature se déroule dans une ancienne école militaire allemande de Karlshorst, transformée en quartier général soviétique.
La portée historique de l’acte
L’Acte de capitulation met fin à la guerre en Europe, mais il ne règle pas définitivement le statut politique et juridique de l’Allemagne par un traité de paix. Après la capitulation, le territoire allemand est occupé et administré par les quatre puissances alliées : les États-Unis, l’Union soviétique, le Royaume-Uni et la France. Les discussions sur l’organisation de l’après-guerre, la démilitarisation et la dénazification se poursuivent notamment lors de la conférence de Potsdam, en juillet et août 1945. La Seconde Guerre mondiale ne s’achève toutefois complètement qu’après la capitulation du Japon, signée le 2 septembre 1945. Pour le continent européen, l’acte signé en mai reste néanmoins le document qui officialise la fin des combats et la défaite du Troisième Reich.
