Inventions scientifiques

Quel dispositif est souvent cité parmi les plus petits transistors jamais fabriqués ?

La réponse

Le transistor à un seul atome de phosphore, fabriqué en 2012 par des chercheurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, est souvent cité parmi les plus petits transistors jamais réalisés.

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En 2012, des chercheurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, ont réalisé un transistor dont le fonctionnement repose sur un seul atome de phosphore. Cette réalisation est souvent citée parmi les plus petits transistors jamais fabriqués. Elle marque une étape importante de la miniaturisation électronique, car elle montre qu’un composant transistor peut encore fonctionner lorsque sa partie active est réduite à l’échelle d’un atome.

Un atome de phosphore dans le silicium

Le dispositif n’est pas constitué d’un atome isolé formant à lui seul l’ensemble du composant. L’atome de phosphore est intégré dans un cristal de silicium et joue le rôle de dopant actif. Dans le silicium, le phosphore peut fournir un électron supplémentaire, ce qui modifie localement les propriétés électriques du matériau. Des électrodes et une grille permettent ensuite d’appliquer des tensions et de contrôler le passage du courant autour de cet atome. C’est cette combinaison entre un dopant unique et une architecture électrique complète qui constitue le transistor à un seul atome de phosphore.

Une fabrication à la précision atomique

Pour fabriquer le dispositif, les chercheurs ont utilisé des techniques de nanofabrication fondées sur la microscopie à effet tunnel. Cet instrument permet d’observer une surface de silicium à l’échelle atomique et d’intervenir avec une grande précision sur certains de ses atomes de surface. Les étapes de préparation ont permis de placer le phosphore à un emplacement déterminé, puis de l’intégrer dans la structure de silicium et de relier la zone active à des contacts électriques. Cette maîtrise du positionnement est essentielle : à une échelle aussi réduite, un déplacement de quelques distances atomiques peut modifier le comportement du composant.

Le fonctionnement du transistor

Comme dans un transistor plus conventionnel, une tension appliquée à la grille sert à influencer la circulation des électrons entre les contacts électriques. Toutefois, lorsqu’un seul atome intervient dans le transport du courant, les effets quantiques deviennent déterminants. Les électrons ne se comportent plus comme dans un matériau macroscopique uniforme : les niveaux d’énergie associés à l’atome et à son environnement peuvent être observés dans les mesures électriques. L’expérience a ainsi démontré qu’il était possible de contrôler un phénomène transistor à partir d’une structure active réduite à un seul atome de phosphore, plutôt que de plusieurs dizaines ou centaines d’atomes agissant collectivement.

Une prouesse expérimentale plutôt qu’un composant courant

La portée de cette réalisation tient autant à sa taille qu’à la précision nécessaire pour la construire et la mesurer. Un transistor à un seul atome de phosphore ne constitue pas directement un remplacement industriel des transistors présents dans les processeurs : ses contacts, sa fabrication et ses conditions de fonctionnement relèvent d’une expérimentation de laboratoire très contrôlée. Il a néanmoins fourni une démonstration claire des possibilités de l’électronique à l’échelle atomique et a renforcé l’intérêt pour les dispositifs utilisant des atomes individuels dans le silicium. Il faut donc le distinguer des transistors en graphène ou d’autres composants nanométriques : le dispositif associé à cette réalisation de 2012 est bien le transistor à un seul atome de phosphore mis au point à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud.

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