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Quel dirigeant égyptien a nationalisé le canal de Suez en 1956 ?

La réponse

Gamal Abdel Nasser, président de l'Égypte, a nationalisé le canal de Suez en 1956, un acte qui a provoqué une crise internationale et renforcé son rôle de figure majeure du nationalisme arabe et de la décolonisation.

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En juillet 1956, le président égyptien Gamal Abdel Nasser annonce la nationalisation du canal de Suez, une décision qui transforme un différend économique en crise internationale. En prenant le contrôle de cette voie maritime stratégique, l'Égypte affirme sa souveraineté face aux anciennes puissances coloniales. L'événement fait de Nasser l'une des principales figures du nationalisme arabe et des mouvements de décolonisation du XXe siècle.

Un dirigeant issu de la révolution égyptienne

Gamal Abdel Nasser s'impose dans la vie politique égyptienne après la révolution de 1952, menée par les « officiers libres », qui renverse la monarchie du roi Farouk. La république est ensuite instaurée et Nasser devient progressivement le principal dirigeant du pays, avant d'en assumer la présidence en 1956. Son projet politique repose sur la souveraineté nationale, la modernisation de l'Égypte et le refus de la tutelle étrangère. Il défend également le nationalisme arabe, qui vise à renforcer la solidarité politique et culturelle entre les peuples arabes. Cette orientation lui vaut une influence qui dépasse rapidement les frontières égyptiennes.

Un canal au cœur des rivalités internationales

Inauguré en 1869, le canal de Suez relie la mer Méditerranée à la mer Rouge et raccourcit considérablement la route maritime entre l'Europe et l'Asie. Son exploitation est confiée à la Compagnie universelle du canal maritime de Suez, fondée avec des capitaux français. En 1875, le gouvernement britannique acquiert les actions détenues par le khédive d'Égypte et devient un acteur majeur de la compagnie. La voie navigable reste ainsi liée aux intérêts économiques et stratégiques de la France et du Royaume-Uni, même si elle se trouve sur le territoire égyptien. Pour Nasser, cette situation symbolise la limitation de l'indépendance réelle du pays.

La nationalisation du 26 juillet 1956

Le 26 juillet 1956, lors d'un discours prononcé à Alexandrie, Nasser annonce la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez. L'État égyptien prend le contrôle de la compagnie et prévoit l'indemnisation de ses actionnaires. Cette décision répond à un enjeu de souveraineté, mais aussi à un besoin financier : après l'échec des projets de financement international du haut barrage d'Assouan, Nasser veut utiliser les revenus du canal pour contribuer au développement de l'Égypte. La nationalisation ne constitue donc pas une simple mesure administrative. Elle affirme le droit d'un État nouvellement indépendant à contrôler une infrastructure située sur son territoire et à tirer parti de ses ressources.

La crise de Suez

La nationalisation provoque une réaction militaire de la France et du Royaume-Uni, qui refusent de perdre leur influence sur le canal. Les deux pays s'entendent secrètement avec Israël, lequel attaque l'Égypte dans le Sinaï à la fin du mois d'octobre 1956. La France et le Royaume-Uni interviennent ensuite en présentant leur action comme une opération destinée à séparer les belligérants, mais leur objectif est aussi de reprendre le contrôle de la zone du canal et d'affaiblir Nasser. Les États-Unis, l'Union soviétique et l'Organisation des Nations unies s'opposent à cette intervention. Sous la pression diplomatique et financière internationale, les forces françaises, britanniques et israéliennes se retirent. L'Égypte conserve finalement la maîtrise du canal, même si celui-ci a été temporairement fermé pendant les combats.

Un succès politique pour Nasser

La crise de Suez renforce considérablement le prestige de Nasser dans le monde arabe et auprès des peuples engagés dans la lutte contre la domination coloniale. Le retrait des puissances européennes est interprété comme une victoire de la souveraineté égyptienne et comme un recul de l'influence impériale au Moyen-Orient. Nasser devient alors une figure majeure du panarabisme et du mouvement des pays nouvellement indépendants. La nationalisation du canal ne met pas fin à toutes les tensions régionales, mais elle montre qu'un État arabe peut contester les intérêts de puissances européennes et imposer une décision stratégique malgré leur opposition.

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