Quel dieu romain est associé à la guerre ?
La réponse
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Dans la religion romaine, Mars est avant tout le dieu de la guerre. Il ne se réduit toutefois pas à une divinité de la violence et des batailles : les Romains l’associaient également à l’agriculture, à la fertilité et à la protection de la communauté. Cette polyvalence le distingue de son équivalent grec, Arès, dont les fonctions sont plus étroitement liées à la guerre. Mars occupe ainsi une place particulière dans l’identité religieuse et politique de Rome.
Une divinité guerrière majeure
Mars appartient aux plus anciennes traditions religieuses de Rome. Son nom a été donné au mois de mars, Martius en latin, qui occupait la première place dans l’ancien calendrier romain. Le début de cette période correspondait aussi au retour des activités militaires après l’hiver, ce qui renforçait le lien entre le dieu et les campagnes de guerre. Les Romains invoquaient Mars pour obtenir la protection de la cité et la victoire de ses armées. Des prêtres et des confréries, notamment les Saliens, accomplissaient en son honneur des rites liés à la défense de Rome et au renouvellement de sa force collective.
Le lien entre guerre, agriculture et fertilité
Mars possédait également une dimension agricole que son image moderne laisse parfois dans l’ombre. Les Romains pouvaient le prier pour protéger les champs, les troupeaux et les récoltes, car la prospérité de la terre était aussi essentielle à la survie de la communauté que la réussite militaire. Cette association entre puissance guerrière et fécondité appartient aux traditions romaines les plus anciennes ; elle ne résulte pas simplement de l’identification ultérieure de Mars avec le dieu grec Arès. Les Equirria, courses équestres célébrées en son honneur, manifestaient notamment son rapport aux chevaux et à l’entraînement militaire. Mars apparaissait donc comme une force capable de défendre le territoire tout en favorisant sa prospérité.
Le père légendaire de Romulus et Rémus
La place de Mars dans l’histoire mythique de Rome est encore renforcée par sa paternité attribuée aux jumeaux Romulus et Rémus. Selon la tradition la plus connue, leur mère, Rhéa Silvia, était une vestale devenue enceinte après une rencontre avec Mars. Elle était la fille de Numitor, roi dépossédé d’Albe-la-Longue, et avait été contrainte par Amulius, frère de Numitor et usurpateur du trône, à entrer dans l’ordre des vestales. Les nouveau-nés furent exposés puis abandonnés sur le Tibre avant d’être allaités par une louve. Ils furent ensuite recueillis par le berger Faustulus. Devenus adultes, Romulus et Rémus fondèrent la tradition héroïque de Rome, même si Romulus fut finalement présenté comme le fondateur de la cité. Cette filiation divine associait directement la naissance de Rome à la puissance de Mars.
Mars dans la mémoire politique de Rome
Le culte de Mars conserva une forte importance pendant toute l’histoire romaine. Dans la République, il était lié à la protection du peuple, aux soldats et aux rites qui accompagnaient les départs en campagne. À l’époque impériale, son image fut aussi utilisée pour présenter le pouvoir romain comme placé sous la protection des dieux. Auguste lui consacra dans son forum le temple de Mars Ultor, c’est-à-dire Mars « vengeur ». Ce monument illustre la manière dont la figure du dieu pouvait unir plusieurs dimensions : la défense militaire de Rome, la vengeance légitime et la continuité de la communauté fondée, selon la légende, par les fils de Mars.
