Quel dieu égyptien est associé à la momification ?
La réponse
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Dans l’univers complexe et symbolique de la religion égyptienne antique, Anubis occupe une place centrale, notamment dans les pratiques liées à la mort et à la résurrection. Ce dieu à tête de chacal incarne bien plus qu’une simple figure funéraire : il représente le lien entre le monde des vivants et celui des défunts, un rôle qui a traversé plus de trois millénaires d’histoire égyptienne. Son association avec la momification en fait l’une des divinités les plus emblématiques de l’Égypte ancienne, invoqué dès les premiers temps pour protéger les corps et accompagner les âmes dans leur voyage vers l’au-delà.
Le protecteur des défunts et maître des rites funéraires
Anubis, dont le nom égyptien Inpou signifie probablement "le royal" ou "le prince", est souvent représenté comme un homme à tête de chacal, un animal naturellement associé aux cimetières en Égypte. Cette forme hybride reflète son double rôle : à la fois gardien des nécropoles et juge des morts. Contrairement à une idée reçue, il n’était pas le dieu principal des enfers (ce rôle revenait à Osiris), mais son influence était omniprésente dans les cérémonies d’embaumement. Les textes des Pyramides, datant de l’Ancien Empire (vers 2686–2181 av. J.-C.), mentionnent déjà Anubis comme celui qui préside à la purification des corps, une étape essentielle pour permettre au défunt de renaître dans l’au-delà.
La balance de Maât et le jugement des âmes
L’un des épisodes les plus célèbres liés à Anubis est la scène du "pesage du cœur", illustrée notamment dans le Livre des Morts. Selon cette croyance, après la mort, l’âme du défunt était conduite devant Osiris, mais Anubis supervisait la pesée du cœur du mort sur la balance de Maât, déesse de la vérité et de la justice. Le cœur, considéré comme le siège de l’intelligence et de la conscience, était comparé à la plume de Maât. Si le cœur était plus lourd que la plume, il était dévoré par Ammout, un monstre hybride ; s’il était léger, l’âme pouvait accéder au paradis d’Osiris. Ce rituel symbolisait l’équilibre moral nécessaire pour une renaissance réussie.
Un dieu aux origines mystérieuses et évolutives
Les origines d’Anubis remontent aux périodes pré-dynastiques de l’Égypte, où son culte était peut-être lié à des pratiques funéraires locales avant de s’étendre à tout le pays. Certains égyptologues suggèrent que son association avec le chacal pourrait provenir de l’observation de ces animaux rôdant autour des tombes, attirés par les cadavres. Sous l’Ancien Empire, Anubis était vénéré comme Anubis "Celui qui est sur sa montagne", une épithète liée à son rôle de gardien des nécropoles. Avec le temps, son culte s’est fusionné avec celui d’Osiris, notamment à Abydos, où il devint une divinité secondaire mais indispensable dans les rites osiriens.
Anubis dans l’art et l’architecture égyptienne
L’iconographie d’Anubis est reconnaissable entre toutes : un corps humain surmonté d’une tête de chacal noir, souvent debout ou agenouillé près des momies. Les fresques des tombes, comme celles de la Vallée des Rois, le représentent fréquemment aux côtés des embaumeurs, tenant les outils du métier ou protégeant le défunt. Les sarcophages et les masques funéraires intégraient parfois des représentations d’Anubis pour invoquer sa protection. À Saqqarah, près de la pyramide de Djoser, son culte était particulièrement vibrant, comme en témoignent les nombreuses stèles et offrandes qui lui étaient dédiées.