Quel désert, s'étendant sur dix pays, est le plus grand désert chaud du monde ?
La réponse
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Le Sahara est le plus grand désert chaud du monde. Situé en Afrique du Nord, il couvre environ 9 millions de kilomètres carrés et s’étend, selon la délimitation géographique couramment retenue, sur dix pays : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad et le Soudan. Il s’étire de l’océan Atlantique à la mer Rouge, entre les rivages méditerranéens au nord et les régions du Sahel au sud. Il ne faut toutefois pas le confondre avec le plus grand désert de la planète toutes catégories confondues : ce titre revient aux déserts polaires de l’Antarctique et de l’Arctique.
Un désert aux paysages multiples
Le Sahara ne se résume pas à un océan de dunes. Les ergs sont de vastes étendues sableuses, tandis que les regs sont des plaines couvertes de graviers et de pierres. Le paysage comprend aussi des hamadas, des plateaux rocheux, des vallées asséchées, des massifs montagneux et des dépressions. Les dunes, bien que spectaculaires, n’occupent donc qu’une partie de sa superficie. Les précipitations y sont faibles et très irrégulières, mais les conditions varient considérablement selon les régions. Certaines zones reçoivent occasionnellement des pluies suffisantes pour faire apparaître une végétation temporaire, alors que d’autres restent presque totalement arides.
Les traces d’un Sahara autrefois plus humide
Le climat saharien n’a pas toujours été aussi sec. Pendant la période connue sous le nom de Sahara vert, notamment durant l’Holocène, la région a connu un climat plus humide, avec des lacs, des cours d’eau, des prairies et une faune abondante. Des peintures et gravures rupestres, comme celles du Tassili n’Ajjer en Algérie, représentent des bovins, des girafes et d’autres animaux qui témoignent de cet environnement passé. À partir d’environ 5 000 ans avant le présent, l’affaiblissement progressif de la mousson africaine a favorisé l’aridification de la région. Cette évolution s’est déroulée sur une longue période et a contribué à former les milieux désertiques actuels.
Une vie adaptée à l’aridité
Malgré la rareté de l’eau, le Sahara abrite une biodiversité spécialisée. Le fennec, reconnaissable à ses grandes oreilles, limite les pertes de chaleur et d’eau grâce à plusieurs adaptations physiques et comportementales. L’addax, une antilope particulièrement adaptée aux milieux désertiques, est aujourd’hui fortement menacé. De nombreux animaux se déplacent surtout la nuit, lorsque les températures sont moins élevées. Le dromadaire, utilisé depuis l’Antiquité par les populations sahariennes, supporte efficacement les longues traversées grâce à ses adaptations physiologiques ; sa bosse contient une réserve de graisse, et non une réserve d’eau. Les oasis, alimentées par des sources ou par des nappes souterraines, concentrent la végétation, les cultures et les établissements humains. Siwa, en Égypte, et Ghadamès, en Libye, en sont des exemples connus.
Un espace climatique et humain majeur
Les poussières minérales soulevées par les vents sahariens peuvent parcourir de très longues distances. Elles traversent l’Atlantique et atteignent notamment l’Amazonie, où les éléments minéraux qu’elles transportent contribuent à l’apport nutritif des sols. Elles peuvent aussi atteindre l’Europe et dégrader temporairement la qualité de l’air. Le Sahara joue ainsi un rôle dans les échanges entre les continents et dans les équilibres atmosphériques, même si ses effets climatiques sont complexes. Il est également un espace historique majeur : les routes transsahariennes ont longtemps relié l’Afrique subsaharienne à l’Afrique du Nord par le commerce du sel, de l’or et d’autres marchandises. Tombouctou, Agadez et les anciennes villes de Ouadane, Chinguetti, Tichitt et Oualata témoignent de cette histoire. Plusieurs de ces sites, ainsi que des ensembles urbains et architecturaux sahariens, sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.
