Quel désert, considéré comme l'un des plus arides au monde, est partagé par le Chili et le Pérou ?
La réponse
En savoir plus
Le désert d’Atacama s’étend sur la façade pacifique de l’Amérique du Sud, entre le Pérou et le Chili. Considéré comme l’un des déserts les plus arides de la planète, il ne se réduit pas à une vaste étendue de sable : il comprend aussi des plateaux pierreux, des vallées, des salars, des lagunes d’altitude et des volcans. Son climat extrêmement sec, ses paysages singuliers et ses importantes ressources minières en ont fait un espace majeur de la géographie sud-américaine.
Les mécanismes d’une aridité exceptionnelle
L’aridité de l’Atacama résulte de la combinaison de plusieurs facteurs. À l’est, la cordillère des Andes forme une barrière qui limite l’arrivée de l’humidité provenant du bassin amazonien. À l’ouest, le courant froid de Humboldt refroidit l’air au-dessus de l’océan Pacifique et contribue à stabiliser l’atmosphère, ce qui réduit la formation de précipitations. La région est également influencée par les hautes pressions subtropicales. Les pluies sont donc très rares dans les secteurs les plus secs, même si leur fréquence varie selon l’altitude et la localisation. Sur la côte, la brume appelée camanchaca peut toutefois apporter un peu d’humidité et permettre la survie de certaines espèces.
Des paysages minéraux et volcaniques
L’Atacama présente une grande diversité de reliefs. Dans le nord du Chili, le salar d’Atacama forme une vaste dépression recouverte de dépôts salins, bordée par des lagunes où vivent notamment plusieurs espèces de flamants. Autour de San Pedro de Atacama, les vallées et les formations rocheuses, comme celles de la Valle de la Luna, ont été sculptées par l’érosion et offrent un paysage particulièrement spectaculaire. Les zones plus élevées s’inscrivent dans l’Altiplano et sont dominées par des volcans, dont le Licancabur, situé près de la frontière entre le Chili et la Bolivie. Cette diversité rappelle que l’Atacama est un ensemble de milieux désertiques et montagneux plutôt qu’un espace uniforme.
Des formes de vie adaptées à la sécheresse
La sécheresse n’a pas supprimé toute vie. Dans les secteurs côtiers soumis aux brouillards, certaines plantes, notamment des tillandsias, peuvent capter l’humidité atmosphérique. Des lichens et des micro-organismes occupent également des milieux très pauvres en eau, tandis que les oasis et les cours d’eau temporaires concentrent une végétation plus abondante. Dans les régions d’altitude, des guanacos, des vigognes et des renards vivent dans des conditions difficiles. Les salars et les lagunes constituent par ailleurs des habitats importants pour les flamants. La capacité de certains organismes à résister à une forte sécheresse et à un rayonnement intense explique l’intérêt de l’Atacama pour la recherche scientifique et l’astrobiologie.
Un territoire habité et exploité
L’Atacama est aussi un espace anciennement parcouru et occupé par des populations andines. Les Likan Antai, souvent désignés sous le nom d’Atacameños, ont développé des villages et des cultures dans les oasis, en utilisant des systèmes d’irrigation adaptés à la rareté de l’eau. Le site de Pukará de Quitor témoigne de cette histoire autour de San Pedro de Atacama. À partir de l’époque moderne, l’exploitation du salpêtre a profondément marqué l’économie et les paysages de la région. Aujourd’hui, l’extraction du cuivre et du lithium joue un rôle important, surtout dans la partie chilienne du désert, mais elle soulève des préoccupations concernant les ressources en eau et la fragilité des écosystèmes. Le tourisme et l’astronomie se sont également développés grâce aux paysages et à la pureté exceptionnelle du ciel dans les secteurs élevés.
