Musique classique

Quel compositeur du XIXe siècle a écrit la suite orchestrale Peer Gynt, incluant la célèbre Morning Mood et In the Hall of the Mountain King ?

La réponse

Edvard Grieg (Norvège).

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Edvard Grieg est le compositeur norvégien auquel on doit la musique de Peer Gynt, l’une des œuvres les plus connues du romantisme scandinave. Les deux extraits les plus célèbres qui lui sont associés, Morning Mood et In the Hall of the Mountain King, sont devenus des morceaux autonomes très populaires, souvent détachés de leur contexte théâtral. Leur histoire est pourtant liée à une œuvre dramatique d’Henrik Ibsen et à la volonté de créer une musique de scène spécifiquement norvégienne.

Une commande d’Henrik Ibsen

Peer Gynt est une œuvre dramatique écrite par Henrik Ibsen en 1867. En 1874, Ibsen demanda à Grieg de composer la musique destinée à accompagner sa représentation théâtrale. Grieg travailla à cette partition entre 1874 et 1875, et la création scénique eut lieu le 24 février 1876 au théâtre de Christiania, nom porté alors par la ville aujourd’hui appelée Oslo. Il ne s’agit donc pas à l’origine d’une suite orchestrale indépendante, mais d’une musique de scène comprenant des passages instrumentaux et des éléments vocaux. Grieg y mobilise un langage mélodique marqué par son intérêt pour la culture musicale norvégienne, sans se limiter à une simple transcription de chants populaires.

Deux suites orchestrales, et non une seule

Après la création de la pièce, Grieg sélectionna et réorganisa plusieurs numéros de la musique de scène pour former deux suites destinées au concert. La première, publiée en 1888 sous le numéro d’opus 46, comprend Morning Mood, The Death of Åse, Anitra’s Dance et In the Hall of the Mountain King. La seconde, publiée en 1891 sous le numéro d’opus 55, réunit notamment Ingrid’s Lament, Arabian Dance, Peer Gynt’s Homecoming et Solveig’s Song. On parle souvent de la « suite Peer Gynt » de manière générale, mais ces huit morceaux appartiennent en réalité à deux recueils distincts de quatre mouvements chacun. La musique originale de scène était, elle, beaucoup plus vaste.

Des atmosphères très contrastées

Morning Mood ouvre la première suite par une écriture calme et lumineuse, dominée par une mélodie confiée aux bois et soutenue par les cordes. Dans le drame d’Ibsen, ce passage accompagne le lever du jour en Afrique du Nord : il n’évoque donc pas spécifiquement une aube dans les montagnes norvégiennes, même si ses sonorités ont souvent suscité cette association dans l’imaginaire collectif. In the Hall of the Mountain King appartient également à la première suite. Ce morceau accompagne la scène où Peer Gynt se trouve confronté au monde des trolls dans la montagne de Dovre. Un motif bref, d’abord joué doucement, est répété tandis que le tempo, le volume et la densité orchestrale augmentent progressivement, jusqu’à une conclusion spectaculaire.

Le passage du théâtre au répertoire de concert

La réussite de ces extraits tient en partie à leur efficacité même lorsqu’ils sont joués séparément. Grieg sait caractériser une situation ou une atmosphère par des moyens immédiatement reconnaissables : transparence des timbres et ligne mélodique chantante dans Morning Mood, répétition et accélération dans In the Hall of the Mountain King. Les deux suites ont ainsi permis à la musique de Peer Gynt de dépasser le cadre de la pièce d’Ibsen et d’entrer durablement au répertoire orchestral. Elles ont aussi contribué à faire connaître Edvard Grieg comme l’une des grandes figures de la musique norvégienne du XIXe siècle.

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