Quel compositeur autrichien a écrit plus de 600 lieder, dont 'L'Erlking' ?
La réponse
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Franz Schubert occupe une place centrale dans l’histoire du lied, cette forme de chanson savante en langue allemande qui associe étroitement une voix et un texte poétique. Né à Vienne en 1797, le compositeur autrichien a laissé plus de 600 lieder au cours de sa brève existence. Cette production considérable comprend des pièces intimistes, des scènes narratives et de vastes cycles, parmi lesquels figure L’Erlking, ou Der Erlkönig, composé en 1815 sur un poème de Johann Wolfgang von Goethe.
Le lied selon Schubert
Le mot allemand Lied désigne à l’origine une chanson, mais il est généralement employé pour parler d’une œuvre vocale, souvent écrite pour une voix et un piano, fondée sur un poème. Au début du XIXe siècle, Schubert donne à ce genre une profondeur nouvelle. Le piano ne se contente pas d’accompagner la mélodie : il peut suggérer un paysage, traduire un mouvement ou accentuer la tension dramatique du texte. La ligne vocale, quant à elle, épouse les inflexions du poème tout en conservant une grande force mélodique. Schubert met ainsi en musique des textes de plusieurs poètes, notamment Goethe, Schiller et Wilhelm Müller. Son travail contribue à faire du lied un genre majeur du romantisme musical.
Un récit de Goethe porté par la musique
Dans L’Erlking, Goethe raconte la chevauchée nocturne d’un père qui transporte son fils. L’enfant croit apercevoir et entendre l’Erlking, une créature surnaturelle qui s’adresse à lui et cherche à l’attirer en lui promettant des jeux et des plaisirs. Le père tente de donner une explication rationnelle aux visions de son fils, mais le récit s’achève sur la mort de l’enfant. Schubert confie l’ensemble du texte à un seul chanteur, qui distingue les différentes figures par le registre, le rythme et l’expression : le narrateur, le père, l’enfant et l’Erlking possèdent ainsi des profils vocaux contrastés. Au piano, la répétition rapide des triolets évoque la course du cheval et entretient une tension presque ininterrompue. Les changements d’intensité et les brusques accents renforcent le caractère urgent de la scène.
Une œuvre emblématique parmi plus de 600 lieder
Schubert compose L’Erlking en 1815, à l’âge de dix-huit ans. La pièce montre déjà sa capacité à transformer un poème en véritable drame musical, sans recourir à une mise en scène d’opéra. Elle appartient à une production extrêmement variée. La Truite, ou Die Forelle, s’appuie sur un texte de Christian Friedrich Daniel Schubart, tandis que Le Voyage d’hiver, ou Winterreise, forme un cycle de 24 lieder sur des poèmes de Wilhelm Müller. La Jeune Fille et la Mort, ou Der Tod und das Mädchen, est une autre œuvre vocale célèbre de Schubert. À travers ces compositions, le musicien explore la nature, l’amour, la solitude, la mort et les tourments de l’existence. L’Erlking demeure toutefois l’un de ses lieder les plus immédiatement reconnaissables, grâce à l’énergie de son accompagnement pianistique et à la netteté de son récit.
