Musique

Quel compositeur autrichien a écrit la célèbre Sonate au Clair de Lune bien que ce surnom lui ait été attribué après sa mort ?

La réponse

Ludwig van Beethoven.

En savoir plus

Ludwig van Beethoven est l’auteur de la célèbre Sonate au Clair de Lune, l’une des œuvres pour piano les plus reconnaissables du répertoire occidental. Son intitulé officiel est toutefois beaucoup moins évocateur : il s’agit de la Sonate pour piano n° 14 en ut dièse mineur, op. 27 n° 2, publiée en 1802 sous le titre Sonate quasi una fantasia. Beethoven est souvent associé à l’Autriche parce qu’il a construit l’essentiel de sa carrière à Vienne, mais il est né à Bonn en 1770, dans les États allemands, avant de s’installer dans la capitale impériale en 1792.

Une dédicace à Giulietta Guicciardi

Composée en 1801, la sonate est dédiée à Giulietta Guicciardi, une jeune aristocrate qui avait été l’élève de Beethoven. La dédicace est un fait établi, mais elle ne suffit pas à démontrer que l’œuvre serait un message amoureux ou le récit musical d’une relation précise. Giulietta Guicciardi épousa en 1803 le compositeur et comte Wenzel Robert von Gallenberg, mais les interprétations qui présentent la sonate comme une déclaration sentimentale entièrement destinée à la jeune femme restent spéculatives. Ce que Beethoven a indiqué dans la partition est surtout son appartenance à une forme particulière, la sonate « quasi una fantasia », qui revendique une certaine liberté dans l’organisation musicale.

Un surnom apparu après la mort de Beethoven

Beethoven n’a jamais appelé cette œuvre Sonate au Clair de Lune. Le surnom s’est imposé après sa mort, survenue à Vienne en 1827. En 1832, l’écrivain et critique musical allemand Ludwig Rellstab rapprocha l’atmosphère du premier mouvement d’une scène nocturne sur le lac des Quatre-Cantons, en Suisse, comme si une barque glissait sur une eau éclairée par la lune. Cette image poétique a progressivement été associée à l’ensemble de la sonate, même si elle ne constitue ni son titre original ni une indication de programme laissée par le compositeur. Dans les pays germanophones, l’œuvre est d’ailleurs également connue sous le nom de Mondscheinsonate.

Trois mouvements, trois caractères

Le surnom se concentre surtout sur le premier mouvement, marqué Adagio sostenuto. Sa ligne mélodique recueillie, soutenue par un accompagnement régulier en triolets, crée une atmosphère suspendue qui a favorisé les comparaisons avec un paysage nocturne. Pourtant, la sonate ne se réduit pas à cette page méditative. Le deuxième mouvement, un Allegretto, offre un contraste plus léger et plus animé, tandis que le dernier, indiqué Presto agitato, déploie une énergie beaucoup plus dramatique et virtuose. Cette succession explique pourquoi le titre inspiré par Rellstab peut donner une image incomplète de l’œuvre : la composition forme un parcours en trois étapes, dont la conclusion est impétueuse plutôt que contemplative.

Une place durable dans le répertoire pianistique

La Sonate n° 14 illustre la manière dont Beethoven a élargi les possibilités expressives de la sonate pour piano au début du XIXe siècle. L’ordre inhabituel des mouvements, qui commence par une page lente au lieu de l’allegro traditionnel, contribue à son caractère singulier, tout comme le contraste entre la retenue du début et la tension du finale. La célébrité du surnom a parfois éclipsé cette architecture, en faisant du premier mouvement une pièce autonome dans l’imaginaire du public. La sonate demeure néanmoins une œuvre complète, régulièrement étudiée, interprétée et enregistrée, dans laquelle la poésie de son appellation posthume ne remplace jamais la construction musicale conçue par Beethoven.

CultureG.org